Properce, IV, 5, 3 ; cf. VirgUe, En., III
4. Pline, H. N., XVI, 44, 234 ; cf. Tite-Live, XXXVIII, 53 et OttOj Manen, p. ^j.
5. Muzzioli, Studi e materiali di st. délie relig., 1939, XV, p. 42. Cf. Quint., Declam. X, 7, infra, p. 22, n. i.
i8 LUX PERPETUA
est impur. Dès que la vie l'a abandonné, il devient la proie d'une corruption fétide qui bientôt le défigure et en fait un objet d'horreur. Par suite, on cru naturellement que son contact ou même sa présence souillaient ceux qui l'approchaient. Après les funérailles, des ablutions étaient imposées pour effacer cette pollution 1. Cette nécessité d'une désinfection pour se prémunir contre les suiteS) d'une contagion contractée auprès de la dépouille de ce qui avait été un être humain, était si profondément ressentie, qu'elle n'a pas cessé à travers les siècles d'inspirer en France nombre de pratiques du folklore".
Il ne faudrait pas tenter de définir avec trop de rigueur les caractères d'une âme dont la nature restait vague et flottante pour ceux-là même qui en admettaient l'existence, car leurs conceptions furent, dès l'origine, complexes et multiples ^ Mais certainement cet esprit désincarné, quelles que fussent ses qualités, gardait, suivant eux, l'apparence de l'être vivant comme le montraient les apparitions qui surgissaient dans les rêves et les visions qu'évoquait la mémoire et auxquelles l'homme encore inculte prêtait une réalité objective. C'était un èidôlon, ime âme-image, reproduisant les traits et la stature du défunt. Simulacres de ceux qui n'étaient plus, mais qui cependant existaienit encore, puisqu'ils se montraient aux survivants tels qu'ils avaient été, ces esprits des morts étaient impalpables, d'une fluidité presque immatérielle, mais ils conservaient la faculté de se mouvoir, de sentir, de parler, comme avant leur décès.
A cette idée primitive de la persistance latente de la vie dans le corps rigide et glacé ou de son transfert à im être vaporeux semblable au corps, s'associe celle que le défunt conserve tous les besoins et tous les sentiments qu'il éprouvait auparavant. De cette conception est né le culte funéraire qui se célèbre près du cadavre et sur le tombeau. L'étude comparative des pratiques usitées au moment des funérailles et ensuite sur la sépulture chez les différents peuples indo-européens a prouvé à l'évidence que les rites funéraires qui leur sont communs remontent à l'époque reculée où ils étaient encore réunis' . Ils se rattachent à ce culte des ancêtres qui leur appartient à tous et est intimement lié a la religion familiale et à la division de la société en gentes. Fustel de Cbu;langes qui, le premier, a mis ces faits en lumière, en a conclu déjà que les Aryens
1. Rohde, Psyché (tr. fr.) pp. i8i, 193, 323 ss. — Cf. infra, p. 22, n. 7.