Cf. infrUy ch. V, p
b Cf. Denis, Origène, p. 363 ; Charles, op. cit., p, xliii ; de Paye, Origène (Bibl. éc. hautes Et. 1923-1928).
i88 LUX PERPETUA
« demeures des cieux », qui sont les sphères étoilées, et elles saisissent la nature des astres et les causes de leurs mouvements ; enfin lorsqu'elles auront fait de tels progrès qu'elles seront devenues de pures intelligences, elles seront admises à contempler face à face les essences rationnelles et verront les choses invisibles, jouissant infiniment de leur perfection. Bien qu'Origène ait été condamné par l'Église, ses idées ne devaient point être abolies. La conception d'une lumière infinie, située au-delà des orbes du monde, où les âmes trouvent le repos dans la lumière éternelle et obtiennent la contemplation de Dieu, était à la fin de l'antiquité, commune aux philosophes et aux docteurs de l'Église ' . Du moment que la science chrétienne adoptait la conception antique de l'univers telle que l'avait formulée Ptolémée, elle devait naturellement admettre que les âmes, si elles montaient vers le ciel, traversaient les sphères planétaires pour parvenir à cette lumière supra-mondaine^, où elles trouvaient la béatitude parfaite. Le Paradis de Dante avec ses chœurs d'anges et ses classes de bienheureux répartis entre Les cercles successifs des cieux, fournit un témoignage éclatant de la force de la tradition que l'antiquité légua au moyen âge. Il fallut pour la détruire que Copernic et Galilée eussent ruiné le système de Ptolémée et que l'astronomie stellaire eût ouvert à l'imagination les espaces infinis d'un univers sans limites.