Ptolémée, Synt., I
des armes que la science hellénique avait fourbies. Il n'en subsista- qu'une croyance vague, populaire, anti-scientifique, qu'on peut suivre jusqu'à l'époque byzantine, à l'existence d'un Tartare situé dans les ténèbres au lieu ' le plus profond du monde*.
Ainsi^ pas plus qu'à l'intérieur de la terre, les Enfers ne pouvaient se trouver au-dessc-us, et l'on fut amené à les reporter sur la terre même où nous vivons. Le globe terrestre n'étaii-il pas suspendu au-dessous des cercles superposés des cieux, et ne pouvait-on lui appliquer, comme im terme approprié, le nom d'Inferi^ ? Mais alors il fallait que le séjour dans ce monde inférieur fût conçu comme un châtiment, que les pécheurs fussent punis en étant soumis à la conditioD humaine. Ce fut la doctrine de la métempsycose qui permit de regarder comme une expiation la descente de l'âme ici-bas, et les souffrances que faisait endurer à celle-ci sa réincarnation purent être substituées aux peines de l'Hadès souterrain'.
D'où provenait la théorie de la transmigration*,, qui se propagea en Grèce dès l'époque archaïque, quels en furent les auteurs et les premiers défenseurs, ce sont là des questions encore mal élucidées. Ses antécédents remontent jusqu'aux brumes de la préhistoire, et elle est le développement d'idées familières à la mentalité primitive. De nos jours encore l'esprit des sauvages ne distingue pas, comme la classification de notre science, les trois règnes de la nature; une même énergie anime tous les êtres qui nous environnent et qui sont supposés semblables à nous-mêmes. Les non-civilisés attribuent souvent aux bêtes une intelligence humaine ou même divine. Aussi trouve-t-on répandue dans les deux hémisphères la croyance que les esprits des morts peuvent s'incarner dans les animaux et même se loger dans les plantes*. On s'abstient d'abattre ou de déraciner certaines espèce, d'en consommer la chair ou les fruits, de