Symbol. , p, 137 et pp. 130 ss
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y redouter. Comme nous le verrons, ce Purgatoire aérien était peuplé de démons qui les châtiaient, retardaient leur ascension et pouvaient les , précipiter dasns les abîmes,, si elles n'étaient secourues par la protection de dieux psychopompes * .
Dans les gouffres où tourbillonnent l'air, les vapeurs et le feu, dans cette zone où la menacent des esprits hostiles, l'âme ne connaît pas de repos. Mais à la sphère de la lune commence la région de l'univers où les mouvements des astres déterminés par des lois éternelles., sont soumiis à un rythme harmonieux. Aux changements et à l'inconstance du monde de la génération s'oppose le calme et la régularité des sphères supérieures que parcourent les dieux lumineux. C'est là qu'enfini, suivant l'opinion la plus accréditée, les âmes en peine trouveront la tranquillité*.
Certaines théories aberrantes i^e faisaient commencer le séjour des justes qu'au-dessus de la sphère des étoiles fixes, et étendaient jusque là les épreuves purificatrices des âmes, soit que celles-ci fussent brûlées par les feux du soleil et lavées par les eaux de la lune ^ ou bien qu'elles dussent passer à travers les cercles planétaires, entre lesquels on répartissait les quatre éléments^; mais ce sont là des variations secondairest, peut-être des imaginations personnelles de quelque théologien païen, et elles sont restées sans influence étendue sur les croyances eschatologiques.
La transformation opérée dans les croyances ancestrales par une théologie qui transférait l'Hadès quelque part entre la terre et la lune, ne peut aujourd'hui être saisie nulle part mieux que dans le Vie livre de l'Enéide. En racontant- la descente d'Enée aux Enfers;, Virgile s'est inspiré d'antiques « Catabases »^, de récits poétiques des Grecs. 11 reste fidèle en apparence à la tradition mythologique et littérairei, il garde le décor conventionnel, la géographie immuable du royaume des ombres ; mais il n'admet plus la vérité littérale de ces idées d'autrefois. Il sait quelle signification figurée les philosophes attribuent aux vieilles fables de l'Hadès^. Au risque de sembler se contredire, ou pour mieux dire laissant, sans souci de précision, s'exprimer en