Sénèque, Dial.,ïK, 14, 3 ; Cic, Vusc, I
6. Philon, De losepho, 5 (IV, 66 Cohn). —Sénèque, Epist., 92,34s.; Remed. fortuit, lïl, 2, 3. — Lieu commun de la philosophie, cf. Lucrèce, III, 870 avec la note de Heinïse (p. 169).
par une fondation, la célébration des cérémonies funéraires, dans la menace de peines judiciaires et de châtiments divins que formulent les épitaphes contre les sacrilèges qui violeraient le sépulcre', dans la constitution d'une foule de collèges populaires dont le principal objet était d'assurer à leurs membres des obsèques honorables. Le règlement des cultor.es de Diane et d'Antinoiis à Lanuvium 2, stipule que si le maître d'un esclave décédé refuse méchamment de livrer son corps, le collège célébrera un funus imaginarium : c'est à-dire que la cérémonie se passera en présence d'une figure représentant le défunt et portant xm masque à sa ressemblance. On attendait de cet enterrement « imaginaire » des effets aussi salutaires que l'envoûteur opérant sur une poupée qui figurait sa victime, s'en promettait de nuisibles.
La crainte d'un destin funeste résen/é à ceux qui n'ont pas obtenu les honneurs funèbres est un des sentiments les plus généralement partagés et les plus durablement conservés par les populations païennes. Les Juifs euxmêmes acceptèrent une croyance semblable et pensèrent que celui qui ne reposait pas en paix dans le tombeau n'avait pas de part à la résurrection de la chair. Les chrétiens héritèrent de cette conviction et crurent en grand nombre que si le corps n'avait pas été inhumé ou si ses ossements avaient été dispersés par une main impie, il ne se relèverait pas au jour suprême ^ Les efforts des docteurs de l'Eglise pour extirper cette superstition, furent longtemps aussi infructueux qu'avait été la réaction philosophique à dissiper une épouvante instinctive des foules. Les terreurs d'autrefois continuent même à hanter les Grecs d'aujourd'hui et ils restent persuadé, qu'à défaut d'obsèques religieuses, le mort revient errer sur la terre, transformé en un vampire sanguinaire *.,
Le tombeau est la maison du mort. C'est là une idée commune à tout le monde antique et à travers la sculpture funéraire on peut suivre la transmission d'Orient en Occident, de la tradition artistique qui veut que la sépulture reproduise l'habitation ". Cette assimilation remonte en Italie, nous l'avons vu (p. 15), bien au-delà de la fondation de Rome. Les nécropoles pré-
1. Dessau, 8178 ss. Cf. Parrot, o-p. cit. \su-pra, p. 22, a. 2].