‹ Lux perpetua [microform]Chapitre 258 sur 468 · Nilsson, Gr. Rel., I, p · texte numérisé non relu

Nilsson, Gr. Rel., I, p

lui qu'il avait; été le premier à créer l'Enfer^!. Il est au moins à l'origine de cette littérature hallucinante qui, imaginant pour chaque espèce de faute une torture raffinée, pourrait nous conduire, en passant par les mythes de Plutarque et de l'Apocalypse de Pierre, jusqu'à la Divine Comédie de Dante l

Si, durant sa vie, l'âme s'est efforcée de résister aux instincts bestiaux que lui inspirent son union avec le corps et son origine titanique, si elle s'est purifiée en se soumettant aux lustrations qu'enseigne une cathartique minutieuse, si elle s'est imposé le rigoureux ascétisme qu'exige une vie sainte^, elle obtiendra les plaisirs que les dieux accordent aux justes : elle aura accès « aux prairies sacrées et aux bosquets de Perséphone » * et y passera tout son temps en festins où des convives, couronnés de fleurs, s'abandonnent à la joie d'une ébriété perpétuelle, comme si, ,dit Platon lion sans ironie, la plus belle récompense de la vertu était une ivresse étemelle^.

Mais les châtiments du Tartare, sauf pour des crimes irrémissibles, ne dureront pas à jamais, et de même le bonheur accordé dans les Champs- Elysées ne sera que temporaire. La descente dans l'Hadès se place dans l'intervalle entre deux vies terrestres, car l'âme doit se réincarner pour poursuivre sa destinée, soit qu'elle se dégrade davantage en se logeant dans des animaux immondes, soit qu'elle passe dans des êtres de plus en plus parfaits. Lorsque dans les demeures successives que cette transmigration lui impose, étapes sur la voie de la délivrance, elle aura évité toute association et commerce avec le corps et aura réussi à répudier tout attachement pour son ^enveloppe char- . nelle, et à s'attacher au divin, elle échappera au cycle fatal des générations pour s'élever au séjour des dieux®.

De ces doctrines de l'orphisme grec que subsistait- t-il à l'époque romaine ?i Certains érudits ont singulièrement exagéré l'action qu'elles auraient exercée sur la religion, l'art et la littérature de cette période. Orphique serait la quatrième églogue de Virgile, orphique l'Apocalypse de Pierre, orphiques les

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