Patriarca, BmW. arch. comun., 1932, LX, p. 3 ss
2. Cf. Mithra et l'orphisme, R. H. Rel., 1934, CIX, pp. 63-72 ; et Ziegler, /. c, ool. 1349' 52 ss. ; 1352, 10 ss.
3. Ziegler, R. E., s. v. « Orpheus », ool. 1264 ss.j Kern, R. E., s. v. « Mysterieti », ool. 1289.
4. Boyaiicé, Mélanges Ec. fr. de Rome, 1935, LI, p. 95 ss. — Les termes orphiques, relevés dans Plutarque par Méautis {Mélanges, Glotz, 1932, II, p. 79) lui sont parvenus par l'intermédiaire des mystères de Bacchus, clairement désignés Consol. ad uxorem, p. 6n.
fin du paganisme^, et même après la chute des idoles, les Néoplatoniciens citèrent et commentèrent ces vieux vers, qu'ils détournaient de leur sens pour les accommoder à leurs propres spéculations. Orphée devint ainsi un docteur es sciences occultes, auteur d'un lapidaire et d'un fatras astrologique. Déjà Varronciteun livre intitulé Lyra, qui passait pour être de ce citharède mythique. L'instrument heptacorde y était mis en relation avec l'ascension de l'âme à travers les sept sphères planétaires^.
En outre, de très bonne heure, d'étroites relations avaient uni, en Italie l'orphisme et l'ancien pythagorisme. Dans leurs conceptions doctrinales et leurs préceptes pratiques ils offraient de nombreuses affinités : croyance à la métempsycose, châtiments dans l'Hadès et retour de l'âme au ciel, souci de pureté et vie ascétique, abstinence de toute nourriture carnée, sont communs à tous deux, sans qu'on puisse toujours déterminer sûrement à qui revient la priorité. Souvent ce qui est attribué à l'un s'applique aussi à l'autre, et il est impossible de discerner ce qui appartient en propre à chacun, tant leuij interpénétration a. été intime. S'il faut en croire Epigène, source de Clément d'Alexandrie et de Suidas, plusieurs écrits orphiques seraient l'œuvre de vieux Pythagoriciens. L'hésitation est permise notamment pour ces lamelles d'or trouvées dans les tombeaux de Grèce et de Crète, guides qui devaient empêcher le mort de s'égarer dans le royaume des ombres, et lui enseigner les mots de passe capables de lui concilier les puissances du monde souterrain'. On les a mises en relation avec cette « Descente dans l'Hadès » joù Orphée racontait ce qu'il avait vu lorsqu'il s'y était aventuré à la recherche d'Eurydice. Mais l'origine même de ce poème est incertaine, et Epigène lui assignait pour auteur le Pythagoricien Kerkops*. Ainsi l'école du sage de Crotone s'était assimilé bon nombre d'idées orphiques et les avaient converties en sa propre substance. Certaines d'entre elles purent donc être remises en valeur quand le néopythagorisme reprit de la force et, par son intermédiaire, être transmises jusqu'à l'époque impériale^.
Une longue persistance a pu être assurée à des doctrines orphiques, non seulement par la philosophie, mais par la religion. Que la secte ascétique ait
I. Ihid.^ col. 1400 ss, a. Cf. Symbol.^ p. 499, add. à la p. 18, n. 4 ; Ziegler, /. c, p. 1412.
3. Kern, Orphie, fragm., igzz, p. 32 j Diels-Kranz, Forsokr^, 1, i, B., p. 17 ss.. Cf. N. C, XI.
4. Epigène chez Clém. Alex., Strom, I, 21, 131, 5 = Kern, fr. 222.