‹ Lux perpetua [microform]Chapitre 279 sur 468 · Apulée, Met., XI · texte numérisé non relu

Apulée, Met., XI

4. Sur les multiples commentaires de ce texte énigmatique, cf. Relîg. or., p. 245, n> 106. Ajouter Willy Wittman, Das Isisbuch des A-puleius, 1939.

5- Cf. Apul., Met., XI, 21 ; « Ad instar voluntariae mortis et precariae salutis ». 6. Passage à travers les éléments, cf. su-pra, p. 209.

aéé LUX PERPETUA

incantations, opérations ou apparitions ce voyage était suggéré dans le cérémonial secret des mystères. IJ suffit que le néophyte, disposé par un long jeûne à toutes les illusions des sens, ait obtenu la vision de ces pérégrinations à travers le monde entier. Les mots essentiels, au point de vue de l'eschatologie, sont les derniers. Lucius s'est cru en présence des dieux des Enfers et de ceux du ciel : il les a adorés face à face. La vue de lai .'divinité est le bénéfice essentiel obtenu dans l'initiation. Car cette vue déifie celui à qui elle est accordée*', et c'est pourquoi, après avoir dans la liturgie nocturne, où l'on faisait succéder aux ténèbres tme vive lumière, aperçu le soleil resplendissant, le néophyte est devenu lui-même un dieu solaire, dont au sortir du sanctuaire il revêt la « robe olympique » et porte les insignes pour se présenter à l'admiration de l'assemblée des fidèles.

L'Egypte est le pays d'oii la dévotion contemplative a pénétré en Europe. Dans les temples, dès l'aube, les images des dieux étaient offertes à l'adoration muette des dévots". Car ces statues n'étaient pas de^ froides effigies de pierre ou de métal. Dès qu'elles avaient été consacrées selon les rites ^, la divinité était venue les habiter ; elle s'était incorporée dans leur matière et l'animait d'une vie mystérieuse, et le fidèle qUi s'absorbait dans leur contemplation fervente se sentait pénétré d'une « inexprimable volupté » *.

Mais cette jouissance que donne la vue de simulacres n'est point comparable à celle que le myste ressent lorsque, dans Vadyton, il se trouve en présence de la divinité elle-même ; les statues qu'il a aperçues dans le temple deviennent alors pour lui un spectacle de second ordre. Une extase le transporte quand cette vision béatifique lui est accordée^. Et lorsque sera accomplie la durée de sa vie terrestre, il retrouvera la reine des Enfers dans son royaume souterrain. L'adoration qu'il a pu rendre aux dieux pendant les brèves heures de l'initiation se prolongera alors à jamais *, et la béatitude d'une nuit se transformera en un perpétuel ravissement.

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