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CHAPITRE I. — LES VIEILLES CROYANCES

le miroir, le peigne et les fards nécessaires à sa toilette, tm enfant, les hochets ou les poupées qui l'amusaient ' . On n'oubliera pas d'y joindre les amulettes qui ont le pouvoir d'écarter les maléfices. De fait, c'est des tombeaux que proviennent la majeure partie des objets d'ameublement et d'usage domestique que conservent nos musées, et sous le climat de l'Egypte, ils ont pu parfois nous livrer intact quelque précieux volume, qui était devenu le livre de chevet de la momie.

Ainei, une coutume funéraire, dont l'origine se perd dans la nuit des temps, resta en vigueur jusqu'aux derniers, jours du paganisme, auquel elle devait même survivre. Cependant, par une sorte de supercherie inspirée par un souci d'économie qui ne paraissait pas sacrilège, on enfermait parfois dans la tombe au lieu des objets réels des imitations impropres à tout usage pratique. Des ombres pouvaient se satisfaire de pareils simulacres et ces fictions décevantes n'enlevaient pas leur foi aux auteurs de ces fraudes pieuses ^.

Leurs illusions résistèrent même, nous l'avons vu (p. 1 5 ), à la substitution de l'incinération à l'inhumation et le fait qu'il ne restait du défunt que des ossements calcinés n'abolit pas la croyance qu'il continuerait à se servir de ce qui l'entourait précédemment sur la terre. Les tombeaux ne nous ont gardé qu'une faible partie de ce qu'on offrait à ceux qui quittaient ce monde, car souvent on livrait avec eux leur garde-robe ou leurs ustensiles à la flamme du bûcher, dans la persuasion qu'ils les retrouveraient ainsi dans l'au-delà ^ Un mari, raconte Lucien*, chérissait si tendrement sa femme que, quand il la perdit, il fit brûler avec elle tous les vêtements qu'elle se plaisait à porter ; mais il avait oublié une de ses pantoufles et la morte apparut pour la lui réclamer. ,

L'antique croyance que les Mânes ' élisaient domicile dans le tombeau, dont le vieux droit pontifical leur reconnaissait la propriété^, devait survivre à la destruction et au morcellement de l'empire. L'on pourrait multiplier les preuves de la persistance tenace d'im sentiment instinctif que ne fit pas disparaître une foi nouvelle. Grégoire de Tours ^ raconte que près de cette ville, deux tombes laissées à l'abandon passaient pour avoir été celles de vierges consacrées à Dieu.

1. Fuhrmann, J.A.L, Ans;eiger, 1941, 529 ss. ; Àccad.rom.arch., 1941, XVII, p. 236SS.

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