‹ Lux perpetua [microform]Chapitre 291 sur 468 · Cf. De Ruyt, pp. 48-73 ; 144-153 ; 198 ss · texte numérisé non relu

Cf. De Ruyt, pp. 48-73 ; 144-153 ; 198 ss

et celle-ci peut être, soit une modeste carriole, couverte d'une bâche ou abritée sous un parasol, soit un char de combat, voire un quadrige où prennent place des héros jugés dignes de T'apothéose *. Dans la plupart de ces représentations funéraires,, rien n'indiquerait qu'il s'agit d'ime migration vers la ténébreuse cité des ombres, si le voyageur n'était guidé par Charon, le bourreau qui assomme les morts d"un coup de maillet^ ou escorté de démons hideux*, prêts à le torturer^ ou si la présence d'une Furie, armée de sa torche vengeresse, ne précisait le sens de la scène figurée.

Ainsi l'idée que les morts ont à cheminer longuement dans les profondeurs de la terre avant d'atteindre le but mystérieux de leurs pérégrinations, était admise depuis une époque très reculée en Italie comme en Grèce*. Comment se représentait-on cette route ? La manière de se la figurer se rattache à tout un ensemble de doctrines bien antérieures aux Romains. Des vers souvent cités de la vieille poésie d'Hésiode* parlent déjà des deux routes de la vie, dont l'une brève et plane, est celle du vice, et l'autre, celle de la vertu, est d'abord un sentier abrupt et raboteuXj mais devient commode, dès qu'on atteint la cime. Bien connue est l'application que, fit le sophiste Prodicos de cette ancienne comparaison dans le mythe fameux d'Hercule au carrefour \ Deux femmes s'y présentent au héros adolescent : l'une cherche à l'attirer sur le chemin des plaisirs décevants, l'autre réussit à l'engager sur celui des labeurs austères, qui m'ènent à la vraie félicité. Cette même opposition, lieu commun qui se transmet à travers toute la littérature gréco-latine^ inspira aux Pythagoriciens le symbolisme de la lettre Yj formée d'Une haste verticale que surmontent deux branches divergentes *. La haste figure la voie commune à tous les hommes avant qu'à seize ans ils aient atteint l'âge de la raison et de la responsabilité. Ils ont ensuite à choisir entre la branche de droite et celle de gauche. La première, disent ces moralistes, escarpée et malaisée,

Page 1