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CHAPITRE VI. ~ SURVIVANCES MYTHOLOGIQUES

sur un rouleau de papyrus qui y était: déposé, étaient censés être lus par le défunt. Ils devaient le garantir contre les danig'ers de la route hantée par* des bêtes féroces, que représentent les vignettes de l'Illustration, et lui assurer toutes les jouissances que l'Égyptien pouvait attendre d'une vie indéfiniment prolongée.

Les lamelles d'or orphico-pythagoriciennes découvertes dans les tombeaux du Midi de l'Italie, et qui datent du iv^ ou iiie siècle avant notre ère, nous ont pareillement conservé des vers d"un guide des défunts dans l'au-delà. Citons le plus caractéristique de ces morceaux ^ : « Tu trouveras à gauche de la demeure de Pluton une source, et à côté d'elle se dresse un blanc cyprès. Garde-toi bien d'approcher de cette source-là. Mais tu en trouveras ime autre près du lac de Mémoire, d'où s'échappe une eau fraîche et devant elle sont deux gardiens. Dis leur : « Je suis le Fils de la Terre et du Ciel étoile, mais ma race est céleste et vous-mêmes le savez. Je suis altéré de soif et je me meurs. Vite, donnez-moi l'eau fraîche qui coule du lac de Mémoire ». Et eux-mêmes te donneront à boire de la source divine et désormais tu régneias au milieu des autres héros. » Ces instructions qui accompagnaient le membre de la secte dans sa tombe, — il les portait attachées au. cou comme un phylactère — devaient T'empêcher de s'égarer sur la route des Champs Élysées, et lui permettre d'accomplir exactement tous les actes nécessaires à son salut. C'était une sorte de liturgie d'outre-tombe, qui devait assurer au myste une immortalité glorieuse dans le royaume de Perséphone.

Les Étrusques avaient aussi des libri Acheruntici, des livres sur l'Achéron*, qui étaient attribués au sage mythique Tagès et qui traitaient de la destinée des morts. Ils faisaient connaître notamment par quels rites on pouvait transformer ces morts en dieux {di animahs). Leur titre même ô* Acheruntici,, trahit une influence grecque, et l'on a des raisons de croire que l'enseignement des Pythagoriciens n''était pas resté étranger à leur composition. Il n'est guère douteux qu'ils s'occupaient du chemin que devaient parcourir les Mânes pour parvenir aux demeures infernales. Les stèles^ les vases, les urnes cinéraires étrusques nous montrent fréquemment ce voyage vers l'Hadès ^. Selon sa condition sociale^ le défunt se transporte à pied, à cheval ou en voiture,

I. Sur ces lamelles, cf. su-pra, ch. V, p. 248. Les vers traduits sont ceux de la tablette de Petilia (Harrison-Murray, Prolegomena, Cambridge, 1903, p. 601 ss. ; IG, XIV, 038 ; Diels, l/orsokr., II, 66, n. 17 (113, p. 17^).

z. Libri Acheruntici ; cf. supra, en. I, pp. 9, 60, et 61.

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