‹ Lux perpetua [microform]Chapitre 295 sur 468 · Cf. infra, ch. VII, p · texte numérisé non relu

Cf. infra, ch. VII, p

S- Platon, Gorgias, 524 a; cf. Proclus, /;? Remp., I, p. 85 et II, p. ^132 ss., Kroli ; Olympiod., In Phaed., p. 192, 21, Norvin.

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des âmes. Ils envoient à droite celles qui par leurs miérites se sont rendues dignes de pénétrer dans les Champs Elysées, ils chassent sur le chemin de gauche les mécha;nts qui doivent être plongés dans le Tartare, car dans l'un et l'autre monde^ pour les Pythagoriciens «.droite » est synonyme de bon et «I gauche » de mauvais. Platon a exécuté des variations sur ce thème qu'il leur emprunte 1, et ce sont eux encore qui ont transmis à Virgile ce motif traditionnel 2.

La conception originelle fut nécessairement modifiée lorsque le but assigné au voyage des âmes pieuses ne fut plus localisé dans les Enfers, mais dans les ciéux. Dès lors on ne prit plus au sens littéral les récits des anciens, mais on leur donna une portée allégorique^ qui permît de les accorder avec les nouvelles croyances. Le terme auquel aboutit la voie des bienheureux n'est plus situé désormais dans les entrailles de la\ terre, mais auprès des dieux célestes, et le chemin des pécheurs peut, après une période d'expiation, ramener vers la terre par de longs détours les âmes impures qui accomplissent le cycle de leurs pérégrinations et doivent se réincarner dans de nouveaux corps. Un passage des Tnsculfines, qui s'inspire du Phfdon, est instructif pour la transformation subie par les anciennes croyances : « Il y a deux routes^ dit Cicéron, deux courses des âmes qui sortent des corps, car celles qui sont co'ntaminées par les vices des hommes et se sont abandonnées aux passions suivent un chemin détourné qui les exclut de l'assemblée des dieux. Mais pour celles qui au contraire ont conservé leur innocence et leur pureté, et qui dans un corps humain oïit imité la vie divine^ s-'^ouvre un accès aisé auprès de ceux-ci^ afin qu'elles retournent là d'où elles sont parties » '*.

On prétendit même fixer avec précision l'itinéraire que les esprits des morts devaient suivre pour gagner la cime du monde. La Voie lactée*, primitivement regardée comme la chaussée pavée d'étoiles par laquelle les dieux montaient au palais de Zeus, devint le chemin qui conduisait les héros défunts de le terre au zénith. Héraclide Pon tique paraît avoir le premier

1. Plat., Re-publ. 614 c ; cf. AristxDte, fr. 195 (p. 13 13 a 24). Deux ou trois routes des ombres, cf. Rohde, Psyché, II, p. 220 = tr. fr., p. 444, n. 3 ; Ch. Picard, R. A., 1940, XVI, p. 59 et 1945, XXIII, p. 154 ; Symbol., p. 427, fig. 85.

2. Virg., En., VI, 540 ss. ; avec les notes de Norden. Sur Virgile, c£. swpra, p. 68.

3. Cic, 'Cusc, I, 30, 72, cf. Consolatio, fr. 6 = Lactanoe, Inst., III, 19, 6 ; et Platon, Phédon, 80.

4. Gundel, R. E., s. v. raXa^!aç (t. VII, p. 563 ss.). Voie lactée, séjour des morts : cisupra, ch. III, p. 174 ; Relig. or., p. 301, n. 28; Mages hell., I, p. 81 ss.; Boyancé, Songe, p. 133 ss.

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