CHAPITRE' VI. — SURVIVANCES MYTHOLOGIQUES
soutenu que les âmes parvenaient par cette route à la haute demeure des bienheureux ^, et il en accrédita si bien l'opinion qu'elle se maintint jusqu'à l'époque chrétienne. Paulin de Noie croit encore qu'Élie sur son char et Hénoch, enlevé vivant, ont utilisé cette piste pour atteindre le Paradis "\ D'autres mythographes pensèrent que le Styx, dont les méandres représentaient les sphères célestes^ faisait communiquer notre bas mande avec Fempyrée ^ Sénèque parodie ces étranges imaginations dans sa satire sur l'apothéose de Claude, et il assure que les empereurs se rendent chez les dieux en suivant la Voie Appienne *. 1
Après avoir été populaire dans la société antique ^, l'image des deux chemins dpposés du bien et du mal devait se transmettre aux écrivaiins ecclésiastiques. Ils la reçurent du judaïsme hellénisé ", qui lui-même l'avait empruntée aux moralistes païens. Elle apparaît dans les plus anciennes œuvrps de la littérature chrétienne, la DMachè des Apôtres et VÊpître de Barnabe. La voie du bien devient pour eux celle de la vie ou de la lumière, la route du mal, celle de la mort ou des ténèbres. A l'une sont préposés des anges resplendissants de Dieu, sur l'autre régnent les démons de Satan '. Les auteurs postérieurs usent souvent de ces métaphores introduites dans le langage de l'Eglise ^ Lactance en rapproche avec raisom l'Y pythagoricien^ qui est à rorigine de. tout le symbolisme sub^^équent **.
Quand la croyance à xip voyage aux Enfers souterrains se fut aihsi transformée en l'idée d'une traversée vers le ciel, comment s'expliqua-t-on que les morts eussent le pouvoir de gagner la zone supérieure du monde ? Pour s'y transférer ou y être transportés, à quel moyen eurent-ils recours ? Nous l'avons vu (p. 277), selon les Étrusques on pouvait effectuer la longue course vers l'Hadès souterrain à pifed, à cheval ou en voiture. Pour l'ascensiion vers