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XXXI I

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Sans doute, tant qu'il y aura des hommes et que la médecine ne pourra leur assurer le perpétuel renouvellement d'une vigueur juvénile, se préoccuperont-ils du grand mystère de l'au-delà. Mais jamais peut-être l'idée de la mort ne fut aussi présente à l'humanité que durant les années que nous avons vécues. Elle fut la compagne quotidienne de millions de combattants engagés dans une lutte meurtrière, elle hantait l'esprit de ceux, plus nombreux encore, qui tremblaient pour la vie de leurs proches ; elle est restée la pensée constante de ceux que poursuit le regret d'un être aimé. Peut-être aussi, en aucun temps, ne s'est imposée davantage, même aux incroyants, l'espérance ou la foi que ces multitudes innombrables, pleines de force morale et de passion généreuse qui soni" entrées dans l'éternité, n'ont point péri tout entières, que l'ardeur qui les animait ne s'est point éteinte avec la chaleur de leurs membres, que l'esprit qui les poussait au sacrifice d'eux-mêmes ne s'est pas dissipé avec les cellules de leur corps.

Les anciens ont déjà connu ces sentiments et donné à cette même conviction la forme que leur suggérait leur religion. Périclès dans son éloge funèbre des guerriers tombés au siège de Samos, affirmait que ceux^qui meurent pour leur patrie deviennent immortels comme les dieux, et, comme eux invisibles, manifestent leur présence par les bienfaits qu'ils répandent i. Aussi bien, la foi des Hellènes a souvent adoré comme des héros, ceux qui avaient péri en défendant leur cité. Ainsi, les idées que l'on conçut, dans l'antiquité, de l'immortalité, sont souvent à la fois éloignées et très proches des nôtres. Elles deviennent de plus en plus semblables aux conceptions qui nous sont familières, à mesure qu'on

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