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l'atmosphère, parviennent jusqu'au havre céleste où elles trouveront la quiétude et le délassement *.

Cette barque qui se transmet ainsi dans l'eschatologie païenne jusqu'à la fin de l'Empire, continua durant l'époque chrétienne d'être le symbole d'une heureuse navigation vers le rivage lumineux d'un Paradis lointain ^. Pour Dante le Purgatoire est encore une haute montagne qui forme ime île dans l'Océan austral, et où les âmes sont transportées par un ange dans tme barque.

Les sculpteurs des sarcophages ont fréquemment représenté la traversée vers les îles Fortunées, mais ils ont préféré un autre symbolisme ^ Ils ont figuré des Néréides voguant sur la croupe d'hippocampes ou d'autres monstres marins, tandis que les Vents, qui favorisent leur périlleuse entreprise, enflent autour d'elles leurs draperies comme des voiles gonflées par la brise *.

On peut chercher une expression abrégée du même symbolisme dans les images de dauphins, si souvent reproduites sur les monuments funéraires. Cétacés bienfaisants qui avaient sauvé Arion, Taras et d'autres héros mythologiques et qu'on voyait s'ébattre joyeusement sur une mer paisible les jours de borace, ils peuvent être devenus les emblèmes d'une navigation propice vers le pays des morts ', même si ces sauveurs aquatiques n'ont pas transporté sur leur dos les défunts dans l'autre monde ®,

Cheval. — L'art funéraire des Étrusques, nous l'avons vu (p. 277), figure souvent un cavalier d'outre-tombe sur la route conduisant aux Enfers. Des croyances qui remontent à l'âge préhistorique et se sont perpétuées jusque dans le folklore de mainte population moderne, établissent une relation mys-

1. Guido Calza, La necrofoU del Porto, p. 203, fîg., 107, p. i6g. Cf. Am. ]. A., 1944, XL VIII, p. 214.

2. Piper, Mythol. der christl. Kunst, I, p. 218 ss. ; Cabrol, Dict., s. v. « Lampes », t. VIII, p. 1212 ; Campbell Bomier, Xlhe shif of the soûl (dans les Proceedings of the amer, -phîloso-phical Society, 1941, LXXXV, pp. 84-91. Cf. Am. J. A., 1942, XLVI, p. 269.

3. Symbol., p. 166, p. 306 ss.. Ch. Picard, R. H. Rel., 1931, CIII, p. i ss.

4. Rumpf, Die antiken Sarko-phagreliefs, V, i, Berlin, 1939 {Die Meerwesen) refuse d'admettre cette interprétation symbolique des Néréides pour en revenir à l'id-ée d'un motif purement décoratif (p. 31 ss.), mais ses arguments ne m'ont pas convaincu. Cf. aussi Nock, Am. J. A., 1946, p. 167 ss. — Sur les Iles des bienheureux, cf. à propos du poète Philiscos, Wilamowitz S. A. B., 1912, p. 547.

5 . Raoul Rochette, Deuxième mémoire Acad. Inscrift., t. XIII, p. 230 ; Cabrol, Dict., s. V. « Dauphin » ; Ch. Picard, Bull. soc. arch. Alexandrie, 1938, p. 17 ss.

6. Comme le voulait Usener, of. cit. [p. 284, n. 4], p. 138 ss. ; mais cf. Pfister, Reliquiencult {Rel. F., und V), p. 217.

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