CIL, VI, 29954, cf. supra, ch. III, p
6- Weicker, Der Seelenvogel in der alten Lîteratur und Kunst, Leipzig, igo2 ; cf. Roscher, Lexik,, s. v. « Seirenen » ; Et. syr., p. 56 ss.
7. Symbol., pp. 109, 327. Sur les volaticae muUeres qui sont des striges, cf. Wolters, Akad. Munich, 1928, Abhandl. i, p. 14.
fréquemment un aigle prendre sur les tombeaux la place qu'occupe ailleurs le portrait du défimt * ; c'est sous cette forme que celui-ci a quitté notre bas-monde. La magie ramasse souvent les idées que l'évolution des croyances a laissé tomber, et les sorciers prétendaient, s'il faut en croire Arnobe, pouvoir munir d'ailes leurs dupes, lorsqu'elles se libéreraient de leurs corps, afin de leur permettre de voler vers les cieux". Lorsque les écrivains nous disent ainsi que l'âme pure « s'envole » vers les astres, cette expression si souvent répétée à la suite de Platon ^ n'est pas une simple métaphore, ^mais plutôt une façon de parler traditionnelle, prise d'abord au sens matériel et que le langage avait conservée en lui donnant une signification figurée. Une épigramme tardive composée pour le tombeau de Platon lui-même, est bien caractéristique : « Aigle, pourquoi es- tu perché sur cette tombe, ou duquel des dieux, dis-moi, regardes-tu de loin la demeure étoilée ? — Je suis», répond l'oiseau, « l'image de l'âme de Platon qui s'est envolée vers l'Olympe. La terre attique possède son corps, né de la terre » *. Lucien, dans son Icaroméftippe a raillé les prétentions des philosophes en montrant Ménippe s'attachant des ailes aux épaules pour prendre son vol vers les astres et pénétrer ainsi les secrets du monde ^. Le mythe de Dédale s'échappant du labyrinthe de Crète par la voie des airs a été interprété même par des chrétiens comme une image de l'âme gagnant les hauteurs du ciel ^.
L'idée primitive de l'âme-oiseau se transforma en celle de l'âme portée par un oiseau. C'est en Syrie, semble-t-il, que s'opéra ce changement. Une croyance très répandue à l'époque romaine voulait que l'âme fût enlevée par un aigle, qui était dans ce pays le volatile du Soleil, celui-ci étant conçu comme un disque ailé volant à travers les espaces célestes. Le roi des oiseaux était le serviteur ou plutôt l'incarnation de l'astre-roi, et c'est vers lui qu'il transportait sa charge psychique. C'est pourquoi un aigle prenant son essor et tenant la couronne^ emblème de la victoire obtenue sur la mort, est un motif ordinaire de décoration sépulcrale à Hiérapolis et dans toute la Syrie du Nord ' . Le