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CHAPITRE VI. — SURVIVANCES MYTHOLOGIQUES

bienfaisants ou maléfiques. Nous avons déjà signalé en parlant des supplices infernaux l'influence exercée sur cette croyance par le mazdéisme 1. Le dualisme iranien accentua l'opposition entre ces géinies propices ou hostiles aux esprits des morts *. Une partie de cette seconde classe était formée des âmes coupables, que leurs fautes condamnaient à errer près de la surface de la terre. Jalouses et cruelles, elles prenaient plaisir à infliger des tortures à leurs congénères, quand celles-ci, par leur impiété, s'étaient exposées sans défense à la malignité de ces tortionnaires. Mais des puissances secourables protégeaient les justes contre leurs assauts. Celles-ci favorisaient leur ascension, que leurs adversaires s'efforçaient d'empêcher ou de retarder 3. Ainsi l'atmosphère devint le siège d'une lutte incessante entre les démons du bien et du mal, bataille dont l'enjeu était le salut de celui qu'ils se disputaient. Le combat des dévas et des yazatas pour la possession de l'âme exhalée par le mourant, est un des traits caractéristiques de l'eschatologie mazdéenne et il devait devenir un thème habituel des descriptions païennes ou chrétiennes du voyage posthume à travers l'atmosphère *.

Suivant une opinion largement accréditée, les épreuves de cette âme cessaient lorsqu'elle parvenait à la sphère de la lune, frontière entre le monde du devenir, soumis à la mutabilité et à la corruption, et la région de l'univers où les mouvements harmonieux des astres divins sont régis par des lois éternelles. C'est là, qu'après des tribulations sans nombre, l'âme en peine devait trouver à jamais le repos s. Mais les périls auxquels cette âme éta'it exposée pouvaient ne point disparaître, lorsqu'après avoir franchi la zone dangereuse de l'air, elle atteignait la lune. Ceux qui croyaient que les esprits des défunts remontaient vers l'empyrée en traversant les sphères planétaires, se représentaient celles-ci comme percées chacune d'une porte que gardait un poste avec un commandant (àp)(^ojv)®, ou, comme on disait souvent aussi, un douanier

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