Et. syr., p. ICI ; Symbol., p. 176 et pi. XIV
2. Symbol., p. 336 et pi. XXXVII ; Syria, 1929, X, p. 235, pi. XLIII.
3. Sur cette combinaison, cf. Deubner, Rom. Mîtteil., 1912, XVII, p. 10.
4. A. Galieti, Rom. Mitt., 1943, LVIII, p. 70 ss. et pi. III ; cf. supra, ch. III, p. 184; jKeîl, Oesterr. Jahresb., XXXV, 1943; Année é-pigra-phique, 1945, XXIV, p. 174, n. 119.
5. Cf. supra, ch. IV, p. 208 ; Symbol., pp. 105, n, 3 ; 117 ; 149.
Echelle, navire, cheval, char, oiseau, et même vents, tous ces moyens supposés d'atteindre le ciel, répondent aux conceptions naïves d'une époque très reculée. Ils partent de la supposition qu'un poids doit être soulevé ; ils impliquent à peine une séparation du corps et de l'âme et ont été imaginés à une période primitive où les philosophes n'avaient pas encore fait prévaloir une distinction tranchée entre les différentes parties de l'être humain. Ces procédés divers pour s'élever vers la voûte étoilée nous reportent à un niveau religieux extrêmement bas, et les théologiens éclairés ne les acceptaient plus que comme des symboles ; mais ces survivances de très anciennes conceptions continuaient à être reçues et comprises littéralement par la simplicité des esprits vulgaires. L'antique croyance que les héros pouvaient être transportés, tels qu'ils avaient vécu, soit dans les Iles des Bienheureux, soit dans l'Olympe ^ ne disparut jamais de la foi populaire, bien que la philosophie s'élevât contre elle et affirmât que rien de ce qui est formé de la terre ne pouvait être admis dans la zone éthérée * et que seul, Veidôlon, s'il était resté pur et léger, pouvait s'y élever. Une épitaphe insiste sur cette idée que, le corps étant consumé, l'âme restée vivante est divinisée ■\ Toutefois l'apothéose des empereurs, de même que celle des monarques hellénistiques*, implique que, comrne les dieux, dont c'est, suivant Platon, le caractère propre^', ils continuent à vivre corps et âmes réunis. D'autres hommes privilégiés, immortalisés par une déification semblable, passaient pour avoir continué dans un séjour divin, sans interruption, ni désincarnation, l'existence qu'ils avaient commencée ici-bas, tels Antinous ou Apollonius de Tyane*. Ces enlèvements exceptionnels furent toujours des miracles acceptés par la crédulité des masses incultes.
Cependant cette ascension prodigieuse était seulement l'apanage glorieux de quelques héros insignes. Pour la foule des esprits qui quittaient leur corps terrestre, la route qui conduisait au ciel était semée d'obstacles. De vieilles superstitions helléniques se mêlaient aux chimères de l'Orient pour l'encombrer de résidus mythologiques, et la dernière étape du voyage des âmes n'était pas la moins dangereuse.
Selon l'opinion commune l'air était peuplé de démons qui pouvaient être