Ibid., p. 150, 16 ; cf. Mages hell., Il, p. 315, n
un recueil d'oracles mêlés à une abstruse mathématique, qui seule nous a été partiellement transmise. Ce vieil auteur, les citations des astrologues postérieurs le prouvent, s'était particulièrement attaché au calcul des années de la vie ' ; il avait aussi disserté longuement sur les lieux climatériques ^, c'està-dire les moments critiques qui mettaient l'existence en péril. D'autre part il avait consacré des chapitres aux enfants décédés en bas-âge ^ et enfin aux victimes de morts violentes. Or l'on constate que certains gei^res de biotkanati, qui selon Critodème doivent leur sort à l'influence des astres, se retrouvent invoqués dans les textes babyloniens comme des revenants qui survivent après le trépas *.
Faut-il supposer que dans ce livre ésotérique, à demi religieux, à demi astronomique, Critodème parlait déjà des" âmes attendant, dans des sortes de limbes à la porte de l'Hadès le moment d'y entrer, le cours normal de leur vie parcouru ? Ou bien Virgile a-t-il emprunté cette localisation des ombres, provisoirement exclues du royaume de Pluton, à quelque « Descente aux Enfers » de Tépoque hellénistique ? Ou enfin est-ce le poète lui-même qui a adapté la doctrine astrologique formulée en Orient à la topographie mythologique du monde souterrain, telle qu'il l'avait reçue des Grecs ? Les documents dont nous disposons ne nous permettent pas d'élucider ce point, mais on notera qu'à Rome, longtemps avant Virgile, Plante savait déjà qu'Orcus ne recevait pas sur les bords de l'Achéron ceux qui avaient été privés prématurément de la vie ^■■.
La théorie propagée par Critodème mettait en œuvre et systématisait des croyances bien antérieures à lui, comme c'est le cas pour beaucoup de postulats astrologiques, gui sont de la mythologie formulée en axiomes. Nous en trouvons la preuve chez Platon ® qui, dans le mythe d'Er, où il expose des idées empruntées à l'Orient, fait ime allusion rapide à des croyances trop futiles, selon lui, pour être répétées, relatives au sort des enfants décédés en naissant ou après une brève existence.
A travers toute l'antiquité on trouve établie une opposition entre la mort