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CHAPITRE VU. -- L'ASTROLOGIE ET LES MORTS PRÉMATURÉES

les adeptes des cultes secrets^ qu'ils soient grecs, comme celui de Bacchus, ou orientaux^ comme ceux d'Isis, de Cybèle, de Mithra, de la Caelestis africaine ^ Peut-être même des oblats étaient-ils consacrés à la divinité aussitôt après leur naissance. On se les représente dès lors jouissant dans l'au-delà des joies que ces mystères promettaient à ceux dont ils assuraient le salut. L'influence des cultes astraux s 'ajoutant à celle de la philosophie persuada à des parents enclins à le croire que ces créatures innocentes montaient vers le ciel étoile. Ainsi, pour prendre cet exemple, une épigramme de Thasos ^ parle d'une vierge anthophore, — probablement de Déméter et Koré — qui fut enlevée par les Moires inexorables, mais résidant parmi les astres par la volonté des immortels, elle a pris place dans le séjour sacré des Bienheureux. Chose curieuse, une épitaphe d'Afrique qui reprend l'expression même de Virgile^,, affirme contrairement au poète qu'un bébé « emporté au seuil de la vie », ne s'est point dirigé vers les lyiânes, mais vers la lumière céleste. On pourrait allonger la liste de semblables inscriptions. Un bas-relief romain du Musée de Copenhague figure le buste d'une petite fille posé dans un grand croissant qu'entourent sept étoiles, rappelant ainsi qu'elle s'est élevée vers la lune, séjour des Élus *. Les enfants qui ont pris part aux cérémonies de Bacchus vivent doués d'une jeunesse éternelle dans les prés fleuris des Champs-Elysées, au milieu du cortège des Satyres et des Naïades, et ils participent à de nouvelles orgies qui renouvellent la divine ébriété des bacchanales terrestres^. Sur les sarcophages de ces enfants, im groupe souvent reproduit nous montre, au centre de la composition, le jeune myste que la liqueur capiteuse fait tituber, soutenu par ses compagnons dans ce thiase élyséen. Ainsi s'appliquent aux « ahores » les diverses formes de la vie future que les mystères avaient imaginées pour les adultes. Le sort des uns n'est ni pire ni meilleur que celui des autres.

i- Initiation des enfants, cf. Symbolisme, p. 282 ss. — Elle paraît avoir été souvent accordée à sept ans, l'âge de la raison (su-pra, p. 321) : Kaibel, Efigr., 153 = Cougny, Anthol. suppl. II, 316; CIG, 6206; Symbol.^ p. 282, n. 5.

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