Cf. su-pra, p. 255 ; Symbol., p. 284 ss
Du délire des bacchants la philosophie rapproche, depuis Platon, l'inspiration des poètes et plus tard l'exaltation intellectuelle du savant. Suivant cette doctrine l'âme n'a plus besoin, pour atteindre l'immortalité, de subir une initiation életisinienne ou dionysiaque. Le sage, dont la pensée se détache des soucis matériels pour cultiver la science et qui laisse la seule raison gouverner sa vie, devenu après sa mort ime pure intelligence, va vivre avec les dieux et obtient la révélation intégrale de toute vérité. Mais il est surprenant que même des .écoliers aient été jugés dignes d'être héroïsés pour leur modeste savoir d'élèves appliqués. Les inscriptions et les sculptures funéraires ne laissent subsister à cet égard aucun doute i. La douleur des parents qui avaient suivi avec admiration l'éveil d'une intelligence précoce chez un fils trop tôt enlevé à leur adoration, cherchait un réconfort dans la pensée que les études où il s'était distingué lui assuraient un sort favorable dans l'au-delà. Une série de sarcophages, qui reproduisent la brève carrière d'un enfant jusqu'à sa mort prématurée, nous le montrent d'une part instruit par son pédagogue et, à l'autre extrémité de la cuve, élevé au rang de héros ou emporté vers le ciel sur le char de l'apothéose^. Ailleurs, au groupe de la leçon donnée par un magister répond, sur une autre face du tombeau, la représentation de cet adolescent transporté dans le séjour des Bienheureux et prenant part aux ébats des Êros ailés qui figurent les âmes héroïsés. Une lettre de condoléances de Pline le Jeune à son ami Fundanus fait l'éloge d'une fille de celui-ci emportée dans sa treizième année, et loue l'intelligence de cette écolière studieuse. Sa tombe a été retrouvée à Rome : elle porte à son sommet l'aigle éployé de l'apothéose 3. Si un père était accablé de douleur par la perte d'un fils, il cherchait une consolation dans la pensée que ce mort était déifié, et il rendait un culte à son image ^. Les charmantes fresques qui décorent le tombeau d'une enfant de six ans, découvert sur la Voie Triomphale, noUs font voir une prairie constellée de roses que cueillent à l'envi garçonnets et fillettes. Un char attelé de colombes a enlevé la petite morte vers ces Champs-Elysées transférés au ciel'^