‹ Lux perpetua [microform]Chapitre 360 sur 468 · Mages hell., p · texte numérisé non relu

Mages hell., p

8. Cyrille, /. c; Vie de saint Hypatios citée par Usener, /. c, [p. 329, n. 2], p. 479. 9- Chez les Ossètes [Mages hell., P- 54) et les Circassiens (Cook, Zeus, III, p. 11 14

(^•ote à II, 12). Prosternations quand l'éclair briUe : Cyrille, Catech., VI, 34 (P G. XXIII, 600) avec la note des Bénédictins.

Si certaines croyances religieuses s'opposaient à la doctrine qui obligeait tous les « biothanates » indistinctement à devenir des esprits errants et pemicietix, les moralistes devaient nécessairement s'insurger contre une théorie qui confondait dans une même condamnation des innocents et des coupables. A côté de ceux qui avaient mérité par leurs crimes le dernier supplice et qui avaient ,été exécutés par la main du bourreau, ou bien ceux qui s'étaient donné euxmêmes la rnort, et avaient ainsi encouru la réprobation publique, d'autres, irréprochables, avaient été einportés par un accident fortuit, avaient succombé sous les coups d'assassins ou avaient péri en accomplissant un devoir sacré.

C'était le cas surtout pour les guerriers tombés en combattant ^. La logique imposait de les ranger parmi les biothanati et l'on peut trouver dans les papyrus magiques ^ des preuves qu'on les a parfois considérés comme des revenants redoutables. Ceci est d'ailleurs conforme aux idées de la mentalité primitive, qui redoute la menace de ceux qui ont péri dans les luttes entre tribus sauvages \ D'un bout à l'autre de l'antiquité apparaît sporadiquement l'idée que les âmes des soldats qui ont succombé les armes à la main, se transforment en esprits nocifs, qu'il faut chasser ou apaiser par des rites appropriés*. Nombreuses aussi sont les légendes de troupes de fantômes qui reviennent combattre aux lieux où s'est livrée une bataille meurtrière : l'on entendait dans la nuit le cliquetis de leurs épées et le hennissement de leurs chevaux * .

Mais la mort au champ d'honneur pouvait-elle être la source de maux infinis en condamnant des braves à ne pas trouver le repos dans l'autre vie ? Une telle supposition était contraire à la pure tradition grecque. De même que les Scan- 'dinaves réservaient à leurs guerriers les joies viriles de la Valhalla, chez les Hellènes les défenseurs de leur patrie, qui s'étaient sacrifiés pour la sauver, furent de tout temps honorés comme des héros". Depuis l'époque reculée de Tyrtée et celle d'Heraclite \ s'exprime la conviction que ces 'hommes jouissent

1. Nommés par Virgile, JS«. VI, 477 ss., et par Lucien, Cataplus, 6} cf. TibuUe, I, 10, 37 ss.

2. Top. magie, IV, 1390 ss. (I, p. ii8, Preisendanz), où TjpwEc désigne ceux qui ont été tués dans la mêlée ; cf. Hopfner, Offenbarungszauber, I, p. 251.

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