‹ Lux perpetua [microform]Chapitre 362 sur 468 · CHAPITRE VII. — L'ASTROLOGIE ET LES MORTS PREMATUREES · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. — L'ASTROLOGIE ET LES MORTS PREMATUREES

de la faveur des dieux. On sait quel culte était rendu à Athènes aux dépouilles des soldats réunis dans une sépulture commune de la nécropole du Céramique, et comment chaque année, lors de la fête des Epîtaphia, un orateur officiel était chargé de prononcer leur oraison funèbre. L'inscription que l'État fit graver pour les Athéniens morts en 43 2 devant Potidée, affirme que l'éther a recueilli leurs âmes, comme la terre leurs corps 1. Périclès^, célébrant ceux qui étaient tombés au siège de Samos, assure qu'ils sont devenus immortels ainsi que les dieux, et qu'invisibles comme eux, comme eux aussi ils se manifestent par leurs bienfaits. Hypéride, faisant l'éloge des victimes de la guerre Lamiaque, (323), exprime la conviction que la divinité qui réside dans l'Hadès leur témoigne une sollicitude infinie 3. Platon dans la République^ veut que ceux dont la vaillance dans les combats a hâté la fin, appartiennent à la race d'or, c'est-à-dire soient devenus des démons favorables qui écartent les maux des humains et veillent à leur conservation. On pourrait multiplier les citations prouvant que depuis les temps les plus anciens ces idées ont été traditionnelles chez les Grecs. Virgile lui-même, par une de ces contradictions qu'explique l'emploi d'une double source, après avoir relégué les morts tués à la guerre en dehors de l'Hadès comme le voulait la doctrine astrologique, les a fait figurer dans les Champs-Elysées à côté des prêtres pieux, conformément aux idées religieuses des Grecs '" .

La théorie stoïcienne de l'immortalité des héros s'opposa encore plus directement à la doctrine inique qui faisait subir des souffrances dans l'au-delà aux soldats qui avaient péri en combattant s. L'Arétè, selon le Portique, déifie celui qui la possède et lui ouvre les portes du ciel : Virtus recludens îmmeritis mori caelum, selon l'expression d'Horace^. Josèphe met dans la bouche de Titus haranguant ses troupes un discours qui traduit cette conviction stoïcienne**. Seuls ceux qui tombent en braves obtiennent l'immortalité, les autres sont voués à la destruction. « Qui ne sait », dit-il, « que les âmes courageuses que, dans la bataille, le fer a délivrées de leur chair, vont habiter le plus pur des éléments, l'éther, et se fixant au milieu des astres, se manifestent à leurs

Page 1