‹ Lux perpetua [microform]Chapitre 363 sur 468 · Cf. Symbol., p. 448 ss · texte numérisé non relu

Cf. Symbol., p. 448 ss

7- Horace, Odes, III, 2, 21, avec les notes de Heinz e ; cf. IV, 8, 26.

8. Josèphe, Bell. lud., VI, 5, 47 ; cf. 54. Cf. Relig. or., p. 370.

descendants comme de bons génies et des héros bienveillants ? Au contraire celles qui se sont éteintes avec tm corps malade, même si elles sont exemptes de toute souillure, disparaissent dans les ténèbres souterraines et sont ensevelies dans un oubli profond. »

Les monarchies militaires de l'Orient hellénistiques, comme l'Empire romain, promettaient certainement la vie éternelle à ceux qui, fidèles à leur devoir de soldats, avaient succombé les armes à la main. La même croyance, on le sait, s'est transmise à l'Islam. Un musulman qui meurt en combattant « dans la voie d'Allah », est un martyr {sahid), qui est assuré de jouir des joies du Paradis 1. Les Juifs, depuis l'époque des Macchabées, associèrent aux guerriers ceux qui versaient leur sang pour rester fidèles à leur religion persécutée et leur promirent une survie glorieuse 2. La foi en cette récompense céleste devait plus tard faire affronter tous les supplices aux chrétiens qui conquirent la palme du martyre.

Ainsi la religion et la philosophie ont éliminé, dans une très large mesure, la croyance à une survie malheureuse des morts par violence. Il n'en a pas été de même pour les suicidés 3, Chez beaucoup de peuples le suicide a provoqué l'effroi ou l'horreur. L'homme éprouve une répulsion instinctive pour cette destruction volontaire de son être*. L'idée que les âmes des personnes qui ont attenté à leur vie deviennent des esprits malfaisants est très répandue, et les survivants prennent de multiples précautions pour se garantir contre leur action nocive. Frazer en a cité de nombreux exemples^. Les plus curieux sont ceux empruntés à la Chine, où il est de pratique courante, lorsqu'on veut punir un ennemi qui vous a persécuté, d''aller se tuer à sa porte pour que Tâme de la victime courroucée poursuive le coupable ; la crainte de cette vengeance posthume y est très vive. On peut citer des preuves nombreuses de la terreur que causaient en Grèce et à Rome de tels revenants exclus des

1. Cf. Encyclo-p. de l'Islam, s. v. « Sahid ». — N. C. XXXIV.

2. Bousset, Relig. des Jiidentums (1902), p. 168, 181, 256, n. i. Cf. Tacite, Hist., VfS-

3. Albert Bayet, Le suicide et la morale, Paris, 1922 ; R. E., s. v. « Selbstmord » j Hastings, Enc, s. v. « Suicide » où l'on trouvera la bibliographie.

4. Cf. Pline, E-p., I, i2i„ i : « Luctujosissimum genus mortis, quae non ex natura nec fatalis videtur. Cf. A. Bayet, p. iio ss.

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