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CHAPITRE VIL — L'ASTROLOGIE ET LES MORTS PREMATUREES

A plus forte raison ceux qui avaient été condamnés au dernier supplice paraissaient- ils voués à cette survie misérable' et devaient-ils subir les pires châtiments réservés aux impies. Ces esprits pernicieux, transformés en démons^ continuaient à nuire au genre humain. L'un des personnages que Lucien fait parler dans son Philopseudès ^ trouve . vraisemblable l'opinion que seules vont et viennent les âmes de ceux qui ont péri violemment — ■ par exemple si un homme s'est pendu, ou s'il a eu la tête tranchée, ou s'il a été empal^ — mais qu'il n'en est point ainsi de ceux qui sont morts conformément à leur destin. Même après le triomphe du christianisme, ces esprits désincarnés continuèrent à être redoutés. Au iv« siècle, saint Jean Chrysostome croit devoir combattre à Antioche le préjugé des gens simples qui se figurent que les âmes des victimes d'une mort violente deviennent des démons ^ : le diable, selon l'orateur sacré, a répandu cette opinion fausse pour dépouiller de leur gloire les martyrs. Les païens en effet appelaient par dérision biothanati les chrétiens qui s'offraient volontairement au bourreau et se voyaient condamnés au dernier supplice*. L'empereur Julien raille ces « athées » qui, poussés par les démons, recherchent la mort et pensent s'envoler au ciel après avoir expulsé violemment leur âme de leur corps &. Le divin Crucifié lui-même n'avait-il pas subi une peine qui le rangeait parmi ces suppliciés à la fois méprisables et dangereux ? ^ Sozomène raconte, légende significative, que lorsque Jésus et les deux larrons eurent expiré, les soldats romains craignirent de s'attarder le soir près des trois croix : les esprits de ces morts devaient hanter le lieu de leur exécution''. Au vi^ siècle, Zacharie le Scholastique croit devoir encore combattre l'opinion soutenue par les païens que les dieux fuient le signe de la croix uniquement parce qu'il rappelle qu'un homme a péri de mort violente ^

L'odieux qui s'attachait au nom des biothcmati finit ainsi par se concentrer sur ces deux classes des suicidés et des exécutés. L'horreur commune que toutes deux inspiraient se marqua par la privation d'une sépulture honorable.

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