CIL, XIV, 3323 = Dessau
8 CIL, VI, 26^54 = Dessau, 8139.
râbles on voit souvent aménagée à côté de la sépiulture une salle à mangier {tricliniuni) et même une cuisine {cuUnà) ^. En Gaule le « testament du Lingon » commande que le caveau soit meublé et reçoive un lit avec des couvertures et des coussins en vue des jours où l'on s'y rassemblera pour les commémorations * . Dans les mausolées, les fouilles ont fait découvrir des lits triclinaires disposés autour de la table où venaient festoyer les parents de quelque mort héroïsé ^ . Avec cette immutabilité qui caractérise souvent les usages funèbres, dans d'autres tombeaux c'étaient des sièges qui étaient réservés aux convives en souvenir des temps anciens, où les hommes, comme les femmes, mangeaient assis et non couchés*. Lorsqu'ils étaient de pierre et non de bois, ces meubles ont pu nous être conservés et, à côté de ceux qui étaient occupés par les commensaux, il s'en trouve un qui restait vide, celui où le défunt était censé prendre- place auprès de ses proches.
• Ces sièges servaient aussi aux visiteurs qui venaient retrouver celui qui s'en était allé. Comme ils lui avaient tenu compagnie durant sa vie terrestre, puis autour du lit de parade où l'on avait exposé son corps raidi, ses parents, ses amis, ses sénateurs restaient longuement assis dans l'hypogée où il était enseveli. L'on était persuadé que le mort prenait plaisir à une telle société, qui le distrayait dans la triste monotonie et le pénible isolement de sa nouvelle habitation.
Les philosophes croient devoir protester contre ces illusions. Réfléchissant à la vanité de ces soins posthumes, Marc-Aurèle note dans ses Pensées : Les affranchis de Vérus et ceux d'Hadrien siègent à côté de leurs tombeaux. Ces princes s'en aperçoivent-ils et peuvent-ils s'en réjouir ? Mais alors, ces serviteurs eux-mêmes étant voués à la vieillesse et à la mort, que deviendront leuis maîtres privés de leur compagnie ? Puanteur que tout cela et putréfaction ! *.
La participation directe de l'esprit du mort aux réunions qui avaient lieu iautour de sa sépulture est le fait essentiel qui nous fait comprendre le caractère
1. Dessau, 7947, 8235, 83385 cf. Saglio-Pottier, s. v. « Sepulcrum », p. 1239; « Futius », p. 1397- — Paulus-Festus, s. v. « Culina » (p. 57, Lindsay) : « Locus ubi epulae in funere oomburuntur » ; 'Ches. l. L., s. v., p. 1288, 47. Cf. Cabsa, Necrofoli del Porto di Roma, 1940, p. 56.