Ibîd., VI, 7, 35 (p. iio, 4a Br.). Sufra, p
3- Porph., Pu. Pla,t.^ Z : '^i,<sa.<; TSipâaSai -rô Èv ■^[Ji.Tv ôeTov àvâyeiv Ttpôç TÔ èv Ttj!) TtâvTt Ôeîov.
4- Enn., III, 20, i (p. 62 Br.). Cf. Bréhier, V. de Plotin, p. 24 ss. ; et sufra, p. 347.
5- Cf. Le culte égyptien et le mysticisme de Plotin {^Monuments Piot, XXV), 1922, PP- 77-92.
que celui à qui sur cette terre un dieu a daigné se manifester trouve dans cette apparition lumineuse une garantie dé son bonheur dans l'au-delà, a précédé dans le paganisme la doctrine néoplatonicienne que la vision béatifique conduit à l'absorption libératrice dans le sein de Dieu. Comme tous ses contemporains, Plotin croyait aux épiplianies des dieux, à F « autopsie » qui dans les temples permet de les voir face à face, et lui-même en rapproche la contemplation philosophique du Beau absolu \ Mais il n'est pas une sorte d'hiérophante supérieur qui réaliserait pleinement ce que les cultes positifs avaient fait pressentir par leur prédication. Il s'oppose résolument à eux et s'émancipe de leur tutelle. La récompense idéale à laquelle peut aspirer le sage est une intuition directe, où l'âme pénétrée d'amour s'identifie, inconsciente, avec l'Un. Elle s'élève jusqu'à ces sommets spirituels par ses propres efforts ; l'intervention d'un prêtre n'est pas nécessaire pour que l'extase la ravisse, ni le secours d'un dieu psychopompe pour qu'elle atteigne et dépasse les limites du monde sensible. De même que la raison échappe aux sortilèges de la magie ^ aussi bien qu'à l'influence des étoiles ^ elle demeure indifférente aux prières récitées dans les temples *. La spiritualité altière du grand métaphysicien dédaigne tout cérémonial rituel. Elle reste intellectualiste et imbue de rationalisme grec. Pour elle, le salut n'est pas obtenu par l'intercession d'un médiateur, ni la vérité révélée par la bouche des mystagogues. Amélius, qui célébrait dévotement chacune des fêtes du calendrier, voulut faire assister Plotin à quelque sacrifice : « C'est aux dieux de venir à moi, dit fièremeni le Maître, non pas à moi d'aller vers eux », signifiant ainsi que l'âme devait attendre dans une retraite solitaire et un recueillement silencieux que la divinité vînt la visiter &.