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à son humidité, elle a attiré vers elle des vapeurs denses et troubles qui l'entourent d'un eidôlon opaque, et celui-ci l'entraîne dans les abîmes souterrains, où son poids même tend à la précipiter *. L'explication est ici purement physique et pourrait avoir été imaginée par un stoïcien.

Plotin ne fait que des allusions fugitives aux démons qui, comme le voulait Platon, sont les bourreaux des âmes ^. La démonologie a pris chez Porphyre une tout autre importance. Il rendait en général les démons responsables de tout ce qui dans le polythéisme était incompatible avec sa conception philosophique de la divinité. Il fait sienne en particulier une doctrine de « certains platoniciens » qui mianifestement se sont inspirés du dualisme mazdéen^ Selon celui-ci les démons pernicieux, qui habitent les ténèbres souterraines, sont soumis à un « antidieu », Ahriman, l'Esprit du Mal, opposé au Bien suprême, Ahoura Mazda. Ils sont les auteurs de tous les maux qui ravagent la terre et affligent l'humanité, de toutes les pensées mauvaises qui hantent l'esprit des impies. Ce sont aussi ces dévas qui supplicient les âmes des réprouvés au fond des Enfers. Nous sommes loin de la pure doctrine plotinienne.

Le plus curieux de tous les fragments qui nous révèlent des idées de Porphyre sur l'Hadès est tiré de son livre « Suîr le Styx », lequel, suivant lui, est à la fois un fleuve souterrain et un démlon redoutable*. Homère était pour les Néoplatoniciens un prophète inspiré dont les vers recelaient une sagesse profonde, cachée sous le voile de l'allégorie. Ses vers sont, pour parler oomlme le philosophe, « chargés de théosophié » s. Celui-ci en a extrait une théorie singulière sur les âmes qui descendent dans l'Hadès. Nous esquisserons ici quelques traits essentiels de ces spéculations, qui paraissent avoir été empruntées au Pythagoricien Kronios^. Les âmes des morts privés de sépulture et celles des impies qui ont mérité un châtiment,

1. Sent, ad, intellig.^ ag, 3 (p. 15, Momm.), cf. supra, ch. IV, p. 216. Cf. Symbol., p. 201, n. 2.

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