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CHAPITRE VIII. -- LE NÉOPLATONISME

Ainsi superposé aux théologies de la Grèce et de rOrient, le spiritualisme plotinien y était par là même rattaché, et il pouvait paraître comme leur complément. La foule même des dévots se tourna vers cette lumière dont elle apercevait indistinctement l'éclat 1. La pensée intégrale de Plotin ne pouvait être saisie que par les intelligences les plus hautes et, dans son austère rigueur, elle ne devait séduire que les âmes les plus nobles. Sans l'élargissement que lui imposa Porphyre, son action ne se fût exercée que dans d'étroits conventicules de philosophes ; peut-être se serait-elle éteinte avec eux et ne serait-elle pas parvenue jusqu'à nous. Grâce à son interprète le plus éloquent, l'idéal qu'elle recommandait apparut comme le degré supérieur de la perfection, comme le but suprême de la vertu que prêchaient tous les cultes, où le syncrétisme ne voulait plus voir que des formes diverses de rjadoration d'un même Dieu 2. La flamme allumée par Plotin « resta ardente sur ses autels » 3. Sans doXite beaucoup de ses lecteurs ne comprenaient-ils qu'imparfaitement le système du profond métaphysicien, et ses successeurs s'écartèrent-ils souvent de la voie qu'il avait tracée ; mais ses disciples, même infidèles, continuèrent à se réclamer de cette haute autorité. En développant la doctrine de salut reçue de son maître, Porphyre lui rendit un service) inappréciable pour l'extension et le prolongement de son prestige.

La même combinaison ou, pour mieux dire, juxtaposition du spiritualisme plotinien et des croyances vulgaires caractérise les opinions que Porphyre exprime sur les châtiments infligés aux réprouvés. Car d'une part il admet que la relégation de l'âme dans l'Hadès ne peut pas signifier que son essence se meut dans l'espace et change de lieu, mais seulement qu'elle est unie à un eidôlon pesant et obscur *. Lorsqu'elle s'abandonne à des passions charnelles, elle contracte les dispositions du corps matériel où elle est enfermée. Le changement pour elle ne peut consister qu'en une altération de ses qualités intimes produite par l'influence de l'enveloppe qui la renferme. L'Hadès est ici interprété, à la façon de Plotin s, comme étant la matière mauvaise et ténébreuse qui pollue et corrompt.

D'autre part Porphyre admet que lorsque l'âme quitte le corps, si elle s'est constamment attachée aux œuvres de la Nature, qui est féconde grâce

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