CHAPITRE VIII. — LE NÉOPLATONISME
se représenter cette amib'iance où grandit Jamblique pour saisir l'origine du caractère hiératique qu'il imprima au néoplatonisme.
Ce fut lui qui exalta la théurgie enseignée par les Oracles chalddiques — et que Porphyre subordonnait encore à la philosophie^, — au point d'en faire la source principale de la purification des âmes et le moyen le plus efficace de parvenir à la béatitude éternelle dans le sein de Dieu, Les commentaires qu'il consacra à ces prétendues révélations des Barbares achevèrent de les transformer en un livre sacré du Néoplatonisme. A la « polymathie » de Porphyre un oracle de la Pythie oppose l'enthousiasme de Jamblique 2. Celui-ci ne fut pas seulement un mystique et un dialecticien comme Plotin, mais im « hiérophante » * serviteur et confident des dieux, un thaumaturge qui faisait apparaître des démons et pouvait s'élever, prétendait- on, jusqu'à dix coudées du sol par ujn phénomène prodigiexix de lévitation*.
Sur les disciples qui accoururent de toute part pour s'instruire en écoutant sa parole 'il exerça une étrange fascination. LeuT dévoueraient, ou plutôt leur adoration s'exprime avec une exaltation lyrique dont l'outrance prête aujourd'hui à sourire". Il apparut aux païens comme un nouvel Esculape, médecin des âmes*', sauveur dé l'hellénisme menacé, qui devait guérir le genre humain de l'aberration chrétienne ^ .
Cette vénération sans bornes pour un esprit qui fit prédominer dans ses, spéculations la révélation théologique au détriment de la recherche philosophique, s'explique précisément par ce caractère sacerdotal (UpaTixoç) que revêt l'initiateur à des vérités supérieures. Le théurge, par la connaissance des symboles occultes, commande aux choses de ce monde, non pas avec le pouvoir limité d'une volonté humaine, mais comme s'il appartenait à la société des dieux *. Ce n'est pas à l'aide de l'intelligence qu'il s'unit à ceux-ci, car