Ps. -JuHen, Ep., 184, p
7- Ibid., p. 247, 5 ; Ep. 137, p. 255, 4SS.; Ep., 181, p. 238, B. — Cf. Julien, Ep., 12, P- 15, H-
8- Cf. p. ex. Jamblique, De mysf., VI, 6. — L'on a dénié à Jamblique la paternité de cet ouvrage, mais à tort, cf. Rascbe, De lamblichi librî qui inscribiiur « De ^ysterîis » auctore, Munster, 191 1, et Bidez, dans les Mélanges Desrousseaux, Paris, Ï937. p. II ss.
dans ce cas les philosophes pourraient obtenir cette union théurgique par une opération mentale. Or il n'en est pas ainsi i. On n'y parvient que par des cérémonies occultes, des pratiques rituelles, des symboles inexprimables, quç comprennent seules des pujissances supérieures à l'intelligence et qui agissent sur elles 2.
Les secrets qui assurent la puissance du théurge lui sont confiés à l'occasion des théophanies qu'il est capable de provoquer. L'extase n'est plus comme pour Plotm et Porphyre u,n privilège rarement accordé, recherché dans une retraite solitaire par la suppression de toute activité, par l'abolition de la pensée dans une quiétude absolue. Elle est produite par des actes et des formules liturgiques capables de susciter les apparitions divines dans l'irradiation d'une lumière surnaturelle. Les communications que le fidèle en reçoit sont des oracles révélateurs de toute sagesse. Ces apparitions ont pour l'officiant une telle importance que le Livre des mystères s'attache à déterminer avec une prolixité d'une précision puérile à quels signes on reconnaît les divers esprits de la hiérarchie que l'on peut évoquer, dieu, archange, ange, démon, héros, ou âme d'un défunt 3. Jamblique assure aussi que si un dieu descend sur la terre, la foule des puissances qui lui sont soumises le précèdent ou lui font cortège. Il faut les honorer pour que le dieu lui-même daigne apparaître, Mais seuls les théurges savent quelle forme de sacrifice doit leur être offerte, afin qu'aucun ne soit négligé et que toute la cérémonie ne perde ainsi son efficace merveilleuse*'.
La magie se flattait d'obtenir des effets semblables, mais la théurgie se présente comme l'antithèse de cet art réprouvé s. Les « Chaldéëns » ne recourent pas à la menace pour contraindre les dieux à une théophanie comme le font les Egyptiens en conjurant les démons". Leurs prophètes ont enseigna à Jamblique ce qui distingue les évocations des théurges pieux de celles des sorciers maléfiques. Les dieux véritables, qui sont les seuls dispensateurs du bien, ne conversent qu'avec des hommes vertueux et se rendent visibles seulement à ceux qu'ont purifiés les cérémonies sacrées. Lorsque leur éclat