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CHAPITRE I. — LES VIEILLES CROYANCES

dans le monde romain ce rite qui n'y apparaît dans les inscriptions qu'à une date relativement tardive et sporadiquement ; sans doute est-ce aussi à l'Orient que le monde latin a emprunté les interprétations qui donnaient à cet usage funéraire une signification plus haute.

Suivant la croyance vulgaire, des démons malfaisants hantent la surface de la terre, quand la nuit ténébreuse y étend ses voiles, et ils sont mis en fuite par les premiers rayons du jour naissant^'. De là est née la ^croyance qu'une lumière artificielle écarte, elle aussi, les esprits maléfiques et protège contre leurs entreprises. On trouve en Egypte, affirmée dès le Moyen Empire, la conviction, que cette lumière est une protection contre les ennemis qui menacent le mort ^'. Pour le même motif, à Rome, lorsqu'on expose le cadavre dans la maison, on allumera des torches ou des cierges auprès de la couche où il repose-*. C'est peut-être aussi afin d'obtenir une protection contre des puissances hostiles que le convoi funèbre est accompagné, même le jour, de porteurs de torches, et la même intention prophylactique, le même souci apotropaïque pourraient suffire à expliquer la présence d'un luminaire autour du tombeau.

Mais un. autre symbolisme, plus subtil, a donné une signifi-cation eschatologique à la flamme entretenue sur la sépulture. La lumière de l'aurore ne chasse pas seulement les esprits des ténèbres ; son retour ramène à l'aube l'activité sur la terre, elle tire les êtres animés de l'engourdissement du sommeil ; elle réveillera de même les morts, que paralyse la torpeur d'une existence amoindrie. Déjà les vieux textes égyptiens affirment explicitement que la flamme qu'on fait brûler pour le défunt, assure la survivance de son esprit et lui confère une immortalité divine *. Ce mysticisme fut indéfiniment développé par les théologiens du paganisme^. Dans la célébration des mystères, la lumière qu'on introduit, succédant à l'obscurité, est l'acte suprême qui précède, pour l'initié,, la révélation parfaite. Elle devient dans les spéculations des exégètes la sagesse qui procure le salut. « Illumination » a gardé en français une double acception, matérielle et spirituelle. Principe de vie, la lumière rend l'homme impérissable et le divinise. Toute cette symbolique qui, durant des siècles, fut un thème à variations infinies, explique l'importance attachée à ces veilleuses tremblotantes

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