Cf. Rushford, ]. R. S., 1915, V, p. 149 ss
4. Diimichen, l. c, p. 14 ; Blackman, Ibid., igi2, L, p. 69-75.
5 . Cf. Gillis Wetter, *«!: (Skrifter human. Samfundet Upsala, 11° 17) ; Eitrem, Opferrîtus p. 155.
dont on entretenait la lueur à proximité des morts, car lorsqu'agit la magie sympathique, de petites causes peuvent produire de surprenants effets.
Il serait aisé de multiplier les citations montrant que la croyance populaire conserva jusqu'à l'époque chrétienne l'idée de cette relation établie entre la lumière et la vie, et en particulier la vie dans la tombe. Un canon du concile d'Elvire, vers l'an 300, interdit d'allumer des cierges le jour dans les cimetières, « parce qu'il ne faut pas troubler le repos des âmes saintes » *', tant les docteurs de l'Église eux-mêmes restaient persuadés que cette flamme pouvait interrompre le sommeil des trépassés, qui dormaient dans leur dernière demeure en attendant la résurrection finale. Des chrétiens d'Antioche, au temps de saint Jean Chrysostome, lorsqu'il leur naissait un enfant, allumaient une série de lampes, ei^ imposant à chacune un nom, et choisissaient jK)ur le nouveau-né celui du lumignon qui s'éteignait le dernier, convaincus que le bébé obtiendrait ainsi une longue vie 2,
Le sens mystique attaché à l'illumination de la tombe permet de comprendre certains rites qui l'accompagnent. Plusieurs inscriptions de Macédoine, prescrivent qu'à la fête des roses, en même temps qu'on sèmera celles-ci sur la sépulture, on y fera brûler une lampe ou un cierge s. Nous avons vu (p. T)2>) ,que la jonchée de fleurs purpurines devait, comme la libation de sang, ranimer le mort. Mais l'effet de la lumière qu'on entretient près de lui, est identique, et l'on saisit ainsi le motif qui a fait associer les deux cérémonies de la « lycknapsia » et de !'« anthoboUa ».
Une curieuse notice d'un paradoxographe grec rapporte que les fleuristes 'avaient l'habitude de faire brûler la nuit une lampe à côté de leurs violettes ou de leurs couronnes, pensant leur conserver ainsi leur fraîcheur jusqu'au matin*. A l'origine de cette pratique superstitieuse on trouve toujours la même idée que la lumière entretient la vie, et empêche celle-ci de s'éteindre, qu'il s'agisse d'une âme désincarnée ou d'une plante coupée.
Les inscriptions nous apprennent que les lampes sépulcrales servaient souvent à brûler de l'encens ou d'autres aromates^ et les émanations de substances odorantes se mariaient avec le parfum des roses et des violettes. Lumières, fleurs, fumigations sont des formes d'hommage rendu aux trépassés qui datent
1. Mansi, t. II, col. ii, canon 34 j cf. Cabrol, s. v. « Cierges », col. 1615.
2. Jean Chrysost., In efîst. I ad Cor. homil., XII, 7 (P, L., LXI, p. 105).
3. Paul Collart, BCH., 193 1, LV, p. 58 ss.; Seyrig, RHRel., 1928, XCVII, p. 275 ^ cf. Z^hes. l. l. s. V. « Cereus », p. 862, 15.
4. Apollonius, Mirabilia, 45 {Rerum natur. scriptores, éd. Keller, I, p. 54).
5. CIL, VI, 30099 = C. E. 1508 ; CIL, VI, 10248 == Dessau, 8366.