Plante, Carptiv., 998 (V, 4, i
4. Rohde, tr. fr., pp. 44 ss. ; 168 ss. j 249 s. — Nilsson, Gr. Rel., I, pp. 425 ss. ; 651 ss. j 767 ss.
6o LUX PERPETUA
formée d'un puits vertical aboutissant à un caveau cintré, comme la calotte du ciel ; de là le nom de miindus qui lui était donné i. A la clef de voûte de ce caveau inférieur était posée, croit-on, tme pierre, le lapis manalis, qu'on pouvait soulever pour livrer passage aux esprits. Trois fois par an, le 24 août, le 5 octobre et le 8 novembre, l'on procédait à cette cérémonie : l'orifice de rOrcus était alors ouvert et les morts avaient le libre accès de l'atmosphère ; aussi étaient-ce là des jours funestes {religiosi) où toutes les affaires étaient suspendues.
Quoi qu'il en soit de l'origine du mundus, qui est un sujet de controverses, il est certain que la première transformation qui modifia à Rome les antiques croyances héritées de lointains ancêtres fut celle des Étrusques. L'influence de ceux-ci sur les institutions politiques et religieuses de la cité latine, leur voisine, est reconnue par les Romains eux-mêmes, et le culte funéraire, célébré en Étrurie avec une pompe comparable à celle de l'Egypte, a été imité par eux dans mainte cérémonie rituelle. Mais chercher à préciser cette action dans ses détails serait souvent vouloir expliquer obscurum per obscurius. L'éclectisme accueillant, dont les monuments figurés d'un peuple resté énigmatique nous apportent la preuve sensible, a aussi introduit des éléments étrangers dans ses conceptions religieuses et en complique singulièrement l'étude. Que ce peuple se soit beaucoup préoccupé du sort réservé aux morts dans l'au-delà, cela ressort aussi bien des peintures et des sculptures qui décorent les parois d'imposants hypogées, les faces d'une foule de sarcophages et d'urnes cinéraires, que de l'existence d'une littérature sacrée traitant des Enfers. Le mystérieux Tagès passait pour avoir composé des libri Acheruntici ^, dont malheureusement aucun fragment ne nous est parvenu. Si l'on s'en tenait au témoignage des monuments, on constaterait d'abord que les Étrusques ont, ainsi que les Romains, considéré le tombeau comme la demeure du mort. Ils ont décoré de luxueux caveaux funéraires de tout ce qui pouvait servir à la commodité ou à la distraction des ombres qui devaient les habiter à jamais, dès que les corps y avaient été déposés. Mais ils ont cru aussi à des Enfers souterrains peuplés de démons
1. Controverses sur le Mundus et sa situation à Rome : Platner-Ashby, Vopogr. Dict., s. V. ; Fowler, J. R. S., 1912, II, p. 25 ; AJA, 1914, 302 ; Basanoff, Dieux des romains, 1942, p. 4 s. Prétendu Mundus du Palatin : LugU, Roma Antica. Il centra monumentale, 1946, p. 428 ss.
2. Fowler, Religious exp. of the Roman -peo-ple, p. 391 ; Latte, R. E. s. v. « Inferi »3 col. 1542.