‹ Luxatio Erecta: Variété De Luxation De L'Épaule En BasChapitre 10 sur 14 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

OBsERvATION DE M. Muranp. (Inédite.).

Luxatio erecta double

F. R.., 32 ans, caporal-pilote, blessé le 11 jûin 1916. Est amené à la suite d’un accident d'aviation. L'appareil en s’élevant a accroché le toit d’un hangar et est tombé. Le blessé est apporté immédiatement après. Il se plaint beaucoup des membres supérieurs. Ceux-ci ont une position très particulière : ils sont élevés de chaque côté de la tête dans l’attitude de l’imploration du prophète. Le bras est à angle obtus sur le thorax, l’avant-bras à angle droit sur le bras, la paume de la main regardant en avant. Le bras a tendance à tomber en arrière, ce qui provoque chez le blessé une sensation d’arrachement.

L’attitude est parfaitement symétrique, les troubles semblent plus marqués à gauche. A droite, le membre est de coloration normale, mais le pouls n’est pas perçu. On voit la base de l’aisselle soulevée par une saillie ronde, dure : la tête humérale. La glène, au contraire, est déshabitée et l’on constate un vide au-dessous du toit acromio-claviculaire.

Quand on cherche à imprimer quelques mouvements, on provoque une vive douleur. Les mouvements en bas sont possibles à ce prix, quoique peu étendus. L’abaissement en arrière pourrait être plus grand, mais il est rendu impossible par la souffrance que cette tentative fait endurer au blessé. < :

Du côté gauche, les signes sont semblables, mais il faut y ajouter des phénomènes circulatoires plus accusés.

OT

On trouve un petit hématome sous les téguments de la base de l’aisselle, de la dimension d’une paume de main. Le bras est cyanosé et froid. Aucun mouvement du membre n’est possible ni d’un côté ni de l’autre.

On transporte rapidement le blessé à la salle “ radiographie et on constate une luxatiof en bas; la tête est au-dessous de la glène, mais n’atteint pas la paroi thoracique.

L'état général est très mauvais. Le blessé est pâle, froid, en résolution musculaire absolue. Le pouls n’est perçu ni à la fémorale n1 à la carotide. |

Anesthésie légère au chlorure d’éthyle. La réduction = très facile. On tire dans l’axe et on laisse revenir le bras qu'on abaisse. Le blessé est immédiatement très soulagé. Il meurt néanmoins du choc une heure après.

. Autopsie : Du côté droit, la capsule présente à sa partie inférieure une déchirure qui intéresse la portion qui va s'insérer sur le croissant huméral interne. En reproduisant la luxation, la tête apparaît dans cette déchirure, et la surface articulaire regarde en avant. On voit alors que le paquet vasculo-nerveux est soulevé par la tête comme une corde sur son chevalet. La distension porte surtout sur les vaisseaux et le médian qui semblent d’ailleurs intacts. En accentuant le mouvement, la tête sort complètement de la capsule en avant du tendon de la longue portion du triceps. Dans l’article, on remarque un peu de liquide sanglant.

L'extrémité du trochiter est arrachée. Les muscles sus et sous-épineux et sous-scapulaires sont en partie détachés de leurs insertions.

À gauche, les lésions sont exactement les mêmes. L’hématome est un peu plus important, mais 1l est dû à la rupture,de petits vaisseaux. Les gros troncs et leurs branches principales sont indemnes. |

L’arrachement du trochiter est identique, le fragment est un peu plus étendu. I/épanchement articulaire est un peu plus important.

NS ee

Malgré nos recherches, nous n'avons pu retrouver

l'observation que possède M. le professeur Tixter. Nous la relatons oralement. (Inédite.)

Un garçon boucher tombant dans un escalier avait glissé tout un étage sur son bras relevé verticalement. Il arrive en position caractéristique. Le bras est en abduction prononcée. Elle est teile que le blessé est obligé de placer sur sa tête la main du côté lésé pour que soit supportable l’attitude du bras imposée par la luxation. Il est impossible de communiquer le moindre mouvement au membre sans provoquer une vive douleur.

La réduction s'obtient facilement sous anesthésie générale. -

OBSERVATIONS, RÉSUMÉES, CONTENUES DANS LA THÈSE DE Prosr. (Paris, 1909.)

OBsERvATION [ (Grégoire).

Homme, 35 ans. Peintre en bâtiment.

Monté sur l’extrême pointe d’une échelle. Tombe les bras

en haut et se reçoit sur les mains.

Arrive en attitude caractéristique : bras gauche en élévation. Le coude regarde en haut et en dedans, l’épitrochlée en dedans et en avant. Plus de cavité axillaire. Douleurs considérables. Radiographie, contrôle diagnostic clinique. Réduction facile.

Ogs. II (Busch, in Stimson).

Homme, portant un sac sur l'épaule, tombe dans un escalier. Est amené le bras en haut, le poignet sur la tête. Douleur intolérable. On peut abaisser le bras, mais le blessé demande qu’on le remette en place.

Réduction sous anesthésie.

Sao ee

Ogs. III (Lange, in Stimson).

“Homme, 45 ans, tombe en avant, le bras étant élevé. Luxatio erecta. Le bras est en forte abduction. Son axe prolongé. croiserait l'union du sternum et de la troisième côte.

On cherche à l’abaisser, mais .on provoque de vives douleurs. La tête de l’humérus était sur le côté interne de Papcphyse coracoïde. Réduction facile.

Os. IV (Alberti, in Stimson).

Homme, 32 ans. Un cheval, en se cabrant, frappe son bras alors élevé. Il ressent une douleur extrême et ne peut plus abaisser son membre. :

A l’examen, on ne peut amener le bras près du tronc. Ti est vertical, toutefois, un peu incliné en avant et en dedans. L’avant-bras repose sur la tête. Acromion proéminent. Cavité glénoïde vide. Réduction facile.

Le membre était diminué de longueur.

Os. V (Judd). 2e

l 6 Homme, 32 ans. Tombe sur le plancher de son bureau et

en tombant étend la main gauche pour saisir le bord de son pupitre. Luxatio erecta typique. Un camarade essaie d’abaisser le bras, mais provoque une douleur considérable. Judd réduit facilement.

O8s. VI (Osenbach).

Homme, 34 ans. En tombant d’un échafaudage, une poutre frappe son épaule gauche, pendant que le bras était ‘en extension. Il se produit une luxation caractéristique avee membre en position haute, l’avant-bras reposant sur la tête. Réduction facile.

DES EE ER Os VII (Macdonald).

Homme, conduit un cheval qui prend peur. Il tombe et est traîné à terre pendant que sa main, en forte élévation et abduction, tient Les rênes. Il est amené porteur d’une luxato erecta classique. On constate un accroissement de longueur du membre. Réduction simple.

Ogs VIII (Vaughan).

Homme, à la suite d’une collisiou de voiture, est amené pour une luxation de l’épaule. L’attitude est particulière. Le bras est en abduction, à 45°. Avant-bras fléchi, main pendante, dont la face dorsale regarde la face du blessé. On n’a encore qu’une luxation sous-glénoïdienne. Vaughan la transforme en luxatio erecta en augmentant facilement l’abduction et én plaçant l’avant-bras sur le sommet de la tête. o | È

La réduction fut facile. Mais le traumatisme fut suivi d’une paralysie partielle.

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