‹ Luxations de l'astragale: Un nouveau procédé de réduction par la bande d'EsmarchChapitre 28 sur 29 · HN US · texte numérisé non relu

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interne ou externe, tout en employant en même temps des mouvements d’abduction ou d’adduction, comme le sait Boyer dans ce genre de luxation.

La luxation est-elle produite par une rotation sur l’axe vertical ou transversal, la bande, par ses pressions latérales énergiques sur l'os, lui fera exécuter un mouvement de bascule en sens contraire, et ses pressions directes le refouleront dans sa loge.

Dans une luxation en arrière, on sait que Blatin tire fortement sur le calcanéum pour ouvrir le chemin à l’astragale ; on pourrait donc, la bande étant appliquée, opérer cette traction : les pressions se maintenant sur la face postérieure de l’astragale, celui-ci pourrait rentrer dans sa loge dont l’entrée serait ainsi béante et, en ajoutant un mouvement d'extension forcée du pied pour dégager le creux calcanéo-astragalien, l’os pourrait regagner complètement sa position primitive.

Pour terminer ce qui a trait au mécanisme, résumonsle en disant :

Que la bande exerce des pressions dans le sens antéropostérieur ou en sens inverse; ce sont alors surtout les huit qui agissent; des pressions dans le sens latéral, et cela dans toutes les directions, pressions dues à l’enroulement très serré et à l’élasticité de la bande : par ces pressions, l’astragale peut rentrer complètement dans sa loge, sa tête regagne la cavité de réception du scaphoïde et, une fois la réduction opérée, celle-ci est immédiatement maintenue.

M. Jaboulay est d’avis d'employer le procédé dans toutes les variétés de luxations, aussi bien dans celles compliquées de plaies des téguments ou de fracture de l’astra-

DIV EE gale que dans les luxations simples sous-astragaliennes ou totales,

Nous n'avons pas la prétention de réduire toutes les luxations de l’astragale par la bande d’Esmarch: il y a certaines luxations qui se trouvent irréductibles, sans qu'on sache trop pourquoi ; d’ailleurs, expérience nous manque, le procédé n’a été essayé qu’une seule fois et il a donné un succés ; il n’infirme en rien les autres méthodes auxquelles on pourra toujours avoir recours si l’on ne peut réduire, mais il est d’une simplicité et d’une facilité telles, qu’on peut toujours l’essayer avant de recourir aux interventions plus complexes; ajoutons qu’il a réussi dans un cas où les moyens mécaniques habituels avaient échoué et où il ne restait plus d’autre ressource que l’astragalectomie ; en voici l’observation, qui a déjà fait l’objet d’une publication de la part de M. Boudin, interne du service, dans le Lyon Médical du 2 avril 1899.

OBSERvVATION DE M. Boupin, interne des Hôpitaux.

Femme de quarante ans, entrée le 24 janvier 1899, salle Saint-Paul, numéro 64, dans le service de M. Jaboulay. L’avant-veille, la malade fit un faux pas en montant un escalier. Elle glissa sur une marche, essaya de se retenir en portant le pied gauche en arrière. Celui. ci portant à faux sur une marche se renversa en arrière. A ce moment, la malade ressentit une très vive douleur, comme si quelque chose s'était rompu, disait-elle. Elle tomba.

Elle ne put se relever seule, à cause de la violente

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douleur qu’elle ressentait. Elle était incapable de poser le pied par terre. Les douleurs spontanées étaient vives. C’était une sensation de tension et surtout de lancinations intra-articulaires. L’articulation était très gonflée et déformée.

A l'entrée de la malade à l'hôpital, on constate des troubles articulaires très marqués. Le pied est inversé en dedans, complètement luxé. Il a perdu tous rapports immédiats avec la mortaise tibio-péronière. En dehors, sur la face dorsale, on constate une saillie énorme dans laquelle on reconnaît l’astragale. On sent cet os venir faire saillie sous la peau, la tête se trouvant supérieure. L’astragale est fixe dans sa nouvelle position, on ne peut le faire mouvoir d’un côté ou de l’autre.

Vaste ecchymose au niveau de la luxation. Comme douleurs, la malade accuse une douleur tres vive dans son articulation, souffrance exaspérée, soit par la palpation, soit par les mouvements que l’on essaie d'imprimer au pied.

M. Jaboulay, avant de tenter une réduction par méthode sanglante, préféra la réduction par méthodes manuelles.

La malade endormie, on tenta de faire rentrer l’astragale à sa place première par des efforts combinés de plusieurs aides. En vain.

Alors, sur les conseils de M. Jaboulay. nous avons enroulé une bande d’Esmarch très serrée des orteils audessus de la cheville. La bande fut appliquée comme pour un pansement classique du cou de-pied. Mais, point important, nous avons fait plusieurs huit de chiffre, leur centre se trouvant au niveau de la saillie due à l’os luxé,

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La bande fut laissée cmq minutes en place, après quoi déroulée.

Le pied avait alors repris son aspect normal, l’astragale était revenu à sa place première, et toujours sous anesthésie, quelques légers mouvements du pied furent tentés avec succès.

Les suites furent excellentes. Dès le lendemain, la malade pouvait poser le pied à terre, trois jours après, elle pouvait s’essayer à marcher sans trop de peine.

Au bout d’une huitaine, elle sortait de l’hôpital presque complètement guérie, ne ressentant, dans son pied malade, que la douleur et la gêne fonctionnelle qui sont consécutives à une entorse soumise depuis quelques jours au traitement.

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