AVANT-PROPOS
Les luxations métatarso-phalangiennes du gros orteil ont été bien étudiées. L'étude de Farabeuf sur les luxations du pouce avait fait conclure de l’analogie anatomique du pouce et du gros orteil à l'analogie de leurs luxations au point de vue du mécanisme des lésions et de leur cause d’irréductibilité. Déjà en 1886, notre maître, M. Forgue, avait montré à la Société anatomique des pièces qui témoignaient de cette similitude. Depuis, la question à été reprise dans des thèses de Garnier et Madon ; ces auteurs ont rapporté des expériences cadavériques et ont précisé le mécanisme de ces luxations et les lésions qui en sont les conditions nécessaires. La question est donc bien connue aujourd’hui, et on ne peut guère qu ajouter des faits cliniques nouveaux à ceux déjà publiés, qui sont d’ailleurs peu nombreux.
Nous avons voulu simplement, dans ce modeste travail, faire une courte revue d'ensemble de la question, en prenant pour base une observation que nous devons à M. le professeur Forgue. IL s’agit d’un cas de luxation métalarso-
phalangienne en haut du gros orteil droit ; la luxation, irréductible, datait de 5 mois. M. Forgue fit la résection de la phalange, et replaça l’orteil en situation normale. La guérison fut rapide. Nous ne prétendons pas qu'il s'agisse d'un fait exceptionnel; nous nous en sommes seulement servi pour insister sur les avantages de l'intervention sanglante
dans les cas analogues, et pour conclure que la résection d'une extrémité articulaire déplacée, dans une position comme celle du gros orteil, qui chez l’homme ne Jouit pas d'une mobilité étendue, est l'opération de choix ; elle supprime la saillie gènante et douloureuse de l’orteil sur le dos du pied, elle rend au talon antéro-interne du pied sa base de sustentation normale, en un mot elle rend-la marche facile et indolore. Telle est la conclusion de ces quelques pages : les considérations anatomiques et cliniques que nous avons données d’après le remarquable article du professeur Paulet permettront au lecteur de se convaincre qu'elle découle des faits observés. |
Ce travail est divisé en 6 chapitres : le 1° contient l’historique de la question avec quelques notions anatomiques tout à fait suceinctes de l'articulation métatarso-phalangienne. Dans le second. nous établissons l’étiologie et le mécanisme de toutes les luxations métatarso-phalangiennes du gros orteil en général. Dans le 3"°, nous donnons la classification des luxations et l'anatomie pathologique du premier groupe : les luxations simples. Au 4" : symptomatologie de ces dernières luxations et au 5° leur traitement. Enfin dans le 6% nous parlons du second groupe : les luxations compliquées.
[nous est {rès agréable, en terminant cette introduction, d'adresser notre profonde gratitude à M. le professeur For gue pour l’honneur qu’il nous a fait de présider cette thèse, et pour toute la bienveillance qu’il n’a cessé de manifester à notre égard durant nos études. Nous prions M. le doyen Mairet d'accepter l'hommage de notre respectueuse recon-
naissance pour l'intérêt qu'il nous a témoigné durant le temps bien court où nous avons eu le plaisir de suivre de plus près ses lecons dans son service. = Nous remercions aussi M. le professeur Estor ainsi que
e pr pe fesseur agrégé Imbert d’avoir bien voulu siéger e jury. ie notre thèse.