CHAPITRE PREMIER
Historique
Avant d'aborder le fond de notre travail, il nous paraît bon d’esquisser une description sommaire de la région qui nous occupe, en raison surtout des caractères spéciaux à l'articulation métatarso-phalangienne. Ce qui nous frappe tout d’abord dans cette articulation, qui fait partie du type des condylarthroses, c'est que la tête du métatarsien, trois ou quatre fois plus volumineuse que celle des métatarsiens
suivants, est un peu déprimée de haut en bas. Cette aug- ù
mentation de volume relativement à la cavité articulaire de la phalange est telle, qu’elle déborde celle-ci de deux ou trois centimètres. Mais le ligament glénoïdien, très fort et très résistant, vient compléter cette cavité du côté de la région plantaire, et c’est dansson épaisseur quese trouvent enchâssés les deux os sésamoïdes.
La face supérieure de ces os, lisse, est en rapport avec la
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/ ; 2: #3 Se tête du premier métatarsien ; l’inférieure est en rapport avec le fibro-cartilage glénoïdien, et leur réunion forme la gout- Lière du tendon du long fléchisseur propre du gros orteil, Ils reçoivent les insertions des muscles court fléchisseur et abducteur du gros orteil. Comme on le voit, ces osselets font * partie intégrante de la phalange et s'associent à elle dans tous ses mouvements et même ses déplacements pathologiques A ce point de vue, nous aurons l’occasion de revenir ultérieurement sur le rôle important qu'ils-jouent dans les —luxations du gros orteil et surtout dans leur réduction. Nous trouvons aussi des ligaments latéraux semblables à ceux des autres articulations de ce genre. Au sujet des os sésamoïdes, nous devons signaler l’intéressante étude que Gillette nous a laissée dans un article du Journal d'Anatomie et de Physiologie, où il nous fait une parfaite description de ces os avec leur structure, leur rôle et leur pathologie.
Si nous comparons maintenant le gros orteil au pouce, comme cela a été fait maintes fois, nous remarquons qu’ils ont la même structure anatomique, mais que leurs fonctions respectives, lout à fait différentes, puisque l'un est organe de préhension et l’autre de sustentation, nous amènent à en déduire certains caractères particuliers à chacun d’eux.
Le pouce a des muscles opposants très vigoureux, et un écartement considérable des métacarpiens voisins, tandis que le gros orteil, bien moins mobile et vigoureux, possède une solidité bien plus grande, à cause des attelles qui lui sont fournies par les autres orteils. Dès lors, il faudra une violence plus forte pour luxer ce dernier et il aura moins de chance d’être traumatisé séparément.
. Si nous parcourons la bibliographie de cette catégorie de luxations, nous remarquons que durant bien longtemps on les a négligées, et nous devons arriver jusqu'à Malqaigne pour trouver une étude un peu fouillée de la question. Celse
, et A Raréen mécnt fait mention auparavant € en terr n aussi brefs qu'inexacts. D'ailleurs, la plupart des auteurs clas- $ ; siques se contentaient de calquer l'étude des luxations du gros orteil sur celles des doigts de la main. Mais pour avoir | une étude approfondie autant que scientifique de ces luxations, il nous faut adresser à notre maître Paulet, qui nous en à fait une description parfaite dans le dictionnaire encyclopédique de Dechambre. Aussi aurons-nous souvent l'occa- À
* sion de puiser à son article et d'en faire de nombreuses “ L
| citations. Depuis lors, nous n'avons guère à signaler que. 4 quelques observations isolées, telles que celles de Farabeuf,
de Æyan, Bourgeois, Lloyd et Quesne, et enfin les thèses de
Garnier, à Paris, et Madon, à Montpellier. A
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