Où mon front avili nosa lever lesjreux
On critiqua beaucoup ce va^ dans la nouveauté , et y quoique Tauteur se soit obstiné à ne pas le changer, je crois qu'on avait raison. Ce n'est pas qu'il ne soit physiquement vrai que le mouvement des sourcils, qui fait lever les yeux, ne dépende en partie du front : l'idée n'est donc pas fausse , mais l'expression parait affectée , précisément parce que dans la pensée nous ne séparons guère ce mouvement des yeux de celui du front, et que par conséquent il y a une sorte d'affectation à dire quun/ront lève les jeux ^ tandis que dans le fait c'est le même mouvement de Tàme qui fait lever ou baissa à la fois les yeux et le front ; et c'est ce mouvement moral que le poëte A>it exjHÎmer. Ce détail est un peu long , je le
VOLTAfBE. l'orphelin DE LA CHINE. 3l5
«ais ; mais il est nécessaire quand il s'agit de démêler la finesse des rapports, qui font quune expression est bonne ou mauvaise. Il en résulte cette conséquence essentielle, que le goût n'est point une chose arbitraire. Quand ce vers fit murmurer le public , 'peu de personnes auraient pu miotiver le murmure. La saine critique et la connaissance de Tart consistent à démontrer ce que les bommes rassemblés ont send par instinct , et ce que l'ignorance et l'esprit sophistique ne sont que trop portés à nier.