‹ Lycée (volume 3)Chapitre 12 sur 32 · HISTOIRE · texte numérisé non relu

HISTOIRE

d'un bon gouvernement et d'une saine législation, qid seuls sont de tous les temps , et qui font la sécurité des rois comme celle des peuples. Loin de faire de ces élémens du bonheur général les élémens de Tbistoire , les écrivains ne s'occupaient que de combats et de triomphes , traçaient des portraits de fantaisie , coloriés par Tadulation ou par la haine ; et parmi toutes ces peintures multipliées sans mesure et sans choix, parmi ces portraits de tant de princes remplacés les uns par les autres, disparaissait la figure principale qui aurait dû dominer sur toutes les autres , celle de la nation.

Des préjugés particuliers étaient encore un obstacle de plus à la perfection du genre historique. Parmi ceux qui s'y dévouaient, on comptait des hommes qui, engagés dans une profession toujours respectable , mais en même temps attachés à l'esprit de corps , qui n est pas toujours irrépréhensible, étaient trop gênés dans leurs fonctions d'historiens par les convenances de leur état , ou trop assujettis à ses intérêts temporels et à ses prétentions particulières. Ce sont autant d'écueils difficiles à éviter pour un ecclésiastique ou un religieux qui écrit l'histoire. On s'en est aperçu dans le siècle dernier , et même dans le nôtre. Ceux qui ont échoué à cet écueil peuvent avoir une excuse ; mais ceux qui s'en sont préser-^ vés n'en ont que plus de mérite.

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