SECTION PREMIERE
Cominencemens de cet ëcrivain.
Ses parens le destinèrent d'abord à l'église, et.
ensuite au barreau : il porta même quelque temps
l*habit ecclésiastique y et le quitta pour entrer dans
une étude de procureur; mais un goût impérieuir
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pour les science» le fit liientDt ce qaH Toalaît être y en dépit de ce qa'on Toalait qall fut. Il avait naturellement nue extrême aridité de connaisiMiceft; et ceêl à peu pièi tout ce <p' il eut de la jkSioKfhie; ar, ^aSens, s^n espA xcssem:blait à ces estomacs chauds et ayides qui derorent tout et ne -êa^kreat rien , et ce ne sont pas ceux des hommes sains.
Venu de Langres il Paris, malgré ses parens, sans antre ressource que ceQe de la plupart des gens de lettres au commencement de leur carrière , c'est-à^-diie^ lepiodoit éventuel du travail tet du talent , il augmenta encore ses embarras et ses besoins, en épousant une femme qui ne lui apportait que de la beauté et de rhonnèteté : mais son activité suj^léaât à tout*; il étudia la physique et la géométrie, et se mit en état d'être un des coopérateurs du Dictionnaire de méde- 4^ine^ avec Pidou et Toussaint; il fit une très-médiocre traduction d'un très-mé^ocre ouvrage an-
^ Le libraire chez qui Diderot porta son premier manuscrit le fît eiaminer par quelques gens de lettres , qui lui dirent que l'ouvrage n'était pas en état d'être imprimé, mais que l'auteur avait du tafent, et qiill ferait bien de Tencourager en achetant son manuscrit et en l'engageant à travailler. Le libraire lui donna centécus, que Diderot revint apporter à sa femme avec beaucoup de satisfaction. Sa femme, qui n'avait auenneidée de hi Kttératare , i^ilMi qui avait une prolxité délicate» fisndée sur des stiH
f^siia, YJfiistc^e ck Gréca^de Stapjaa» <t imn 4iutije tradbctk)^ be^u^^oup, xu^oâkMrg^ ou, ph^ une kxûliMâosii trè^rlibre 4e YJËssmî suit le mérita et la vertu^ > àe Sbaftfisbury, Le JEWd au^^}: > et phikèopUfiiiie d^c^ Jîyr^ est assois bpa>.quok{|i'p9 ^it cru y apatcevoîir.deSipropasUioD^ dangereuiesiy faute de fie «op^cdr du.dessf^ bien marqpuyé /di? rauteur ai^lm^ qui efit de parler de. la vei^ dans un ttena absolu , îudépeiKlaiiliBeut de toQtf crojauce particulière, uisâs toujours dapendanir jneut de ridée de la. Dinnité. Ce plan aurait pu avpir des incDAvénienoifi ^ >'il eut toclu le bespiii d'une révélation; mais c'est ce qu on ne. voit BuUf pai;t daus Totrf rage dut phSofiOphe anglais.
n &ut croire, ou que le traducteur était alovf l>iai gratuitemeot deiuauvaiae foi ^ ou quil peur sait tout le cou traire de ce quil a pensé depuis; 4!ar il est ici décidémeut théiste j. ccNPfune il a é%^ depuis décidément athée^ Cest bien eu âo«| propre et prifé nom qu'il parle; c est biea coinme siieniicp qu'il donne les opinions de Shaftesbury, lorsqu'il
.^imens de rel^iix» qu'ielU AC perdit jamab auprès de .^|i mari, s'écria» eo Toyant cette somme : « AbJ momiç^ .» Biderot ! eommeut ave»-vaiis pu trompier ce pauyr.e .* lionune su point de recevoir tant d'arjii^.ppur ces çjijij^ » foDS de papier que vous Ji^'avez mooti^? Ne crai^qt- .» vous pas de lui faire tort* » . Son mari eut bien d€ la p^'ine à lui faire entendre ce qui eu était, et à dissîj^jer «es scrupules. C'est lui-même qui racontait cette ançodoJtf.
4 CORS DE UTTERATUBE.
dit , dans son discours préliminaire : « Point de 9 vertu sans croire en Dieu; point de bonheur h sans vertu : ce sont les deux propositions de » rillustre philosophe dont je vais exposer les w idées. Des athées qui se piquent de probité , et » des gens sans probité qui vantent leur bonheur^ » voilà mes adversaires. » Cela est formel^ et vous voyez, messieurs , que c'est à Diderot que je pourrais renvoyer les injures^ que Ton m*a prodiguées dans nos journaux philosophiques, pour avoir manqué de respect à Vathéisme; mais, ea conscience, j'aime beaucoup mieux les garder pour moi.
Il n'y a pas à douter que Diderot ne fût , en effet, bien plutôt le rédacteur des principes de l'auteur anglais, comme étant aussi les siens, que simple rédacteur de YEssai sur le mérite et la vertu. Il suffit, pour s*en convaincre de plus en plus , de l'entendre encore lui-même sur toutes les
libertés qu'il s'est données. « Je l'ai lu et relu ; je 'i •
^ Je venais d'être traité publiquement de scélérat et tCùhbécilU » en propres termes , et dans une lettre signée par un savant célèbre , par un membre de FAcadémie des Sciences y et imprimée dans le Journal de Paris , uniquement pour avoir dit que la doctrine des athées était ennemie de tout ordre social et moral, et par conséquent de tout gouifemement. C'est d'après les réflexions que doit faire naître un pareil trait, inouï dans Thistoiredu monde» qu'on le trouvera an nombre des phénomènes de la révolution. (Voyez Y Apologie.)
BIDBROT. 5;
» me SUIS rempli de son esprit, et j'ai, pour n ainsi dire, fermé son livre, lorsque j*ai pris la
» plume et ce qui n'était proprement qu'une
» démonstration métaphysique s'est converti en n élémens de morale. i> Diderot pouvait-il an^ noncer plus expressément que l'ouvrage anglais était devenu le sien? Il écrivait donc d'après sa pensée , puisqu'il est contraire à la nature qu'un homme fiisse un pareil travail sur un fond essen» tiellement contraire à ses opinions. Vous sente;^ quelles conséquences j'en pourrai tirer : elles trouveront leur place ailleurs, quand je rassemhlerai tous les exemples semhlahles : îd, je me horne à une seule, c'est que Diderot (à moins qu'on ne démente ses propres ouvrages) commença hien authentiquement par croire en Dieu. Si c'est un grand tort devant \^ philosophie du jour, je laisse aux athées révolutionnaires à le pallier comme ils pourront , et à défendre la mémoire de leur patriarche : c'est leur affaire, et non pas la mienne» Il eut un autre tort, que l'intérêt particulier et l'exemple assez général pouvaient peut-être excuser alors , mais qui ne doit pas aujourd'hui trouver plus de grâce à leurs yeux, puisque nous les voyons s'exprimer tous les jours en hommes qui , bien sûrs de n'avoir pas besoin ^'indulgence, 5e croient dispensés d'en avoir aucune pour au* trui ; il fît les Bijoux indiscrets. Et quand je dis que ce fut un tort qu'ils ne doivent pas excuser,
kroot de eeC onde de Dwkim, Ce pins pflice flve le sans inléift, ans gs&t : les fBtSksplulmtgJu^ ques pfofioiicermr^ qvi'S t cm a; c( ipoib smcb que ces g c i i ilt soM, par état, cm ponumiiim de prononcer s&r tort, et diipimiyt dg |MUUfe r ricnf trous poorez em juger par Tdoge ^^ Homent de tare de Jaeqmes le AtmSsio CI de ia BeS-gkuse. Noos pwmv e iio ns cm vabi^ noos autres pauvres gens qn en saatBoaea eneore aaK pccn?es, qneces deux eimragesii'ofit pas le sema ccunauiiii
la luÊffie fimnçaka loi parut r^Migiier trop anx ordnfes^ il a rassemiklé tout ce qa^ pooTait en sai-oîr dans dnq oa six pa^es de latm » dTan^ais et d^talien.
^ On a YQ dans la Fie <le Sênèqtte et dans cent antres endroits ces mots -ftaûfiers à nos mathts .* Noos ftih
cenx à qui Ton ne démontre nen, même en l<y»
gique, peuvent-ils être contakicns en &it dégoût? Il a bien aussi ton «espèce d'évidence ; imatîs peat« ' elle embarrasser ceux qifelle n'^embarrasse pas même en philosophie^ ceur qui ne répondent àj rien qii en prononçant? Û s'agit donc à leur égard de quelque chose de plus sérieux ^ et qu'on n avait pas encore pris la peine de relever , mais qui est détenu aujourdliui , sans qu'il soit besoin que je dise pourquoi ^ un objet de remarque et d'attention. INon- seulement ces Bijoux ne sont rien moins qulionorables pour Fauteur, comme ro~ manciery encore moins comme moraliste; mais que sera-ce pour le philosophe ^ si c'est un ouvrage d'adulation , et tout entier de la pluâ basse adulation ? Si ce n'était que pour Louis XV, qui ^^ à cette époque , avait mérité des louanges ^ , ou passerait sur l'exagération, et l'on citerait, quoi-* que très-bas , ces vers de La Fontaine :
On pefeut trop louer trois sortes de personnes. Les dieux, sa maîtresse et son roi.
Mais c'est à la gloire de la maîtresse , jion pas de l'auteur , mais* de Louis XV, que tout le roman est composé. G'e^ sous le nom d'une Mirzozq que la marquise de Pompadour est.un modèle d'esprit, de grâce, et qui plus est-, de sagesse et ^JidéUté,}^ n'y a pas à dire npn : l'iauteur n'af
^ En 1748.
pas Youia qu'on eût même à percer le voile de l'allégorie; elle nest pas fine, car il n'y en a que dans les noms. Il est bien vrai que la France s'appelle le Congo ; Louis XV, Mangogul; le mare- . chai de Richelieu , Sélim ; et la marquise , Mizoza : mais , de peur d'équivoque , tout le reste est français à Congo ; Jéliote et Lemaure cliantent à Congo , et le sultan de Congo est à Fontenoi et à Lawfelt^ etc. Jamais voile , si Ton peut appeler cela un voile, ne fut plus transparent, ou, pour mieux dire, plus grossier : caractères, aventures et mœurs , tout est de Paris et de Versailles et de ce temps-là, sans que l'auteur ait laissé rien à deviner. S'il n'y a pas beaucoup d'art dans ce plan d'allégorie et de flatterie, il n'y en a pas plus dans l'exécution. Louis XV, Mangogul, renferme dans sa tête plus d'esprit qu'il n'y en avait eu dans celle de tous ses prédécesseurs ensemble. Qu'on dise , après cela , que nos philosophes né savent pas , au besoin , louer un roî tout comme ils savent se louer les uns les autres. S'ils n'ont pas le mérite de la mesure , on ne peut nier du moins qu'ils n'excellent dans l'hyperbole. Il est vrai que ce n'est pas celle qui est oratoire ou poétique ; cela était bon pour un Bossuet , un Despréaux , qui n'étaient , comme on sait , que des flatteurs et des courtisans: les petits complimens de Diderot sont tout autrement tournés. Il met en scène v^ de ces beaux-esprits /rondeurs qui
DIDEROT. g
apparemment ne lui plaisaient pas alors , et celui-là s'avise de dire du mal, dans un café, dxn ^and MangoguL Un vieux militaire blessé à LawfeUj à côté (jle Mangqgul (quoique Mango^ gul-^Louis Xf^ne fût pas à Lawfelt), tance vertement le frondeur, qui s'écriait comme ont fait si souvent nos philosophes : Ah ! si jetais suU tan!... — « Si ta étais sultan, tu ferais plus de )) sottises encore que tu n en débites. ^. Je suis pleinement, je Vavoue, de l'avis du vieux miUrtaire. Ce n'est pas que je n'eusse très -bien pu dire comme un autre, dans mon temps, et quand j'étais un peu philosophe y Ah! si fêtais sultan ! comme Mathieu Gàro dit à peu près , Ah I sifér tais le bon Dieu! Mais, depuis que j'ai vu les philosophas nos maîtres de plus près, je suis venu à résipiscence; et, tandis qu'ils sont restés tout aussi savans qu'ils l'étaient , j'ai cru devoir fsîvre comme ce bon Mathieu Gàro , qui finit par louer Dieu de toutes choses $ et, un peu plus blessé qu'il ne l'avait été par la chute d'un gland, j'ai compris qu'il ne fallait pas mettre les citrouilles au haut des chênes.
Je ne dois pas non plus vous priver de la petite harangue que Diderot met dans la bouche du vieux militaire, ne fut-ce que pour vpus faire isouvenir comme il en a profité lui-même. « Tais- » toi, malheureux, respecte les puissances de la » terre , et remercie le ciel de t'avoir donné la
iO COURS DE UTTÉRATURE.
* naissaneie dans Tempire et sous ie r^ne (Tau 9 prince dont la prudence éclaire ses ministres ^ 9 dont le soldat admire la yaleur ; qni s'est (ait 9 redouter de ses ennemis et dbém de ses peu- 9 pies, et k qui Ton ne peut reprocher que la 9 modération avec laqudle tes semblables sont > traités sous son gouremement. »
Si quelque autre qa*un phSoscphe eût écrit CCS dernières pnrolesy ctojos-vous qu'il y eût, pour cet attentat à la liberté de penser , assez i(f inrectiyes dans la langue française , et assez de Âvpplices dans les lois réintlutionnaires ?
• - L*auteiH^, â complaisant pour les sultans , ne ¥était pas autant , à beaucoup près, pour ses con- 4Srère9 les romanciers^ car ses confrères étaient des rivaux , et des rivaux alors beaucoup plus .connus que lui. Aussi ne les ménage-t*il pas; il fait or^ donner au sultan de Congo , pour somnifère , la lëetnre de la Marianne de Marivaux , des Cbn- Jessîons de Dudos, et des Egaremens de Crébîl-
lon fils : c'étaient précisément les* trois romans nouveaux qui avaient eu dané fie temps le plus de succès. Celui delà iH/lanaTi/ie-Vest toujours soutenu y et c'est encore un des mâlleurs româms que nous ayons. Les deux autres, quoique ftnt loin de ce mérite, ne sont pas oubliés : les Cor^ssions ont celiH des éaractèires et du style; et les Ega^ femens , qui promettaient de l'intérêt , mais que ï^iuteur n'acheva pas , sont encore ce qu'il a fait
de iAÎewH peur la peintaorç des mœurs ^ €^ à peu près le s&ù <ûtxe^vi reeèe à <ia mémoire. Les trois «entaiis que imus a laisBés JDidepot' s'approchent pas «kl inoîn<irede ceux4à .: jugez 4ie son équité et de sa modiestie* '
H ima^na de pousser la flatterie pour son sultixsn encore Lient pkBioiB;- ei pour ceUe fois, quoique re3ea^alk>n fut exoessîfie^ l'mtmtkm était déHëe/car il toudiait.rendrok ieissîble ; et c'est le Bubtime de TadubÉkin. li entreprit de mettre le règnre de Louis S.V au-dessus de celui de Lotus XFVé Jamaîà Yoltaire , tout courtisan qu'il était^ c^a^oit été josqae-ià, mêicie dans les fêtes ipii'il composa pour Louis XY et sa cour, au milieu de nos triomphes. Diderot , qui n'avait pas l'exoQse d'écrire à Versailles et pour Versailles , s'eut pa^ taat de droouBpectKMi. La marquise Minsoza , seule avec ^é^m-Bichelîeii , le •conjure de liiîf dire «k toute oonâsnce oe {qu'il &ut penser des merveilles quW racôâté du règne précédeirt, tfent^il'^ vu la -un. Il eonvient d'ahord qu'il y a eu en effet des ûhesestglori^ses^ mais ensuite, retraça^nt fort légèi^emeiPt le bien , et insistant sur le mal, il condut aânsi : « Vodlà, madame, cet • ège d'or; voilà èel)oa vieux temps que vous n entendez regretter tous les jours : mais laisses » dire les radoteurs ^ et croyez que nous avons )» nos Turenites et nos Colberts; que le présent , » à tout prendre , vaut mieux que le passé, a
.12 COUBS DE UTTÉRATURB.
Et àes philosophes ^ flatteurs de Louis XV, ne pardonnent pas à des poètes et à des orateurs panégyristes d'unXouis XIY M H me seaible pourtant que la poésie et Téloquence doivent être moins sévères que la philosophie, et que la postérité a mis quelcpie différence entre ces deux princes. Mais aussi ne voyons- nous pas que jamais les poètes et les orateurs du siècle passé aient contredit ni rétracté leurs hommages. Mais Diderot, qui, même en 1760, lorsque Topinion publique était ausd défavorable à Louis XY qu^il fut possible, Tavait encore comparé à Trajan,'dans sa Lettre au père Berthier^ dix ans après le peignit sous les traits de Timbécile Claude, dans la Vie de Sénèque»
Cette Lettre au père Berthier sur le matéria- UsmCj dont je vais parler tout de suite, puisque je l'ai nommée, avait pour objet de faire eniendre qu? c'était une pure vision que de penser qu il y eût en France des matérialistes. Ils en étaient apparemment disparus, du moins aux yeux de lauteur; car il avait él^rit, quelques années aupa* ravant^ que le monde en était plein y ainsi que d athées et de spinosistes : ce sont ses termes. Mais qu'importe? Un hon philosophe, vous vous
^ Dès la fin de 1 788 , et avant que tout frein fût rompu , on imprima y dans une brochure qui parut partout, que Louis XIV n'était qu'un faquin. Il n'en fallait pas davantage pour annoncer tout l'esprit de la révolution.
en souvenez, ne voit jamais que Y intérêt du mor ment ; et alors celui de Diderot , qui voyait soa Encyclopédie attaquée dès sa naissance par le pire Berthier, principal rédacteur du Journal de Trévoux, était de tourner en ridicule le jésuite» qui avait la simplicité de voir les choses comme elles étaient. Cette brochure satirique, qui se traîne pesamment d'un bout à Tautre sur un fond d'ironie uniforme et froid, fait voir que l'auteur ne maniait pas la plaisanterie plus habilement que la louange. Tout le sel de cet écrit consiste à traiter dérisoirement de matérialisme toutes les figures de diction où l'on passe du moral au phy-^ sique; et l'auteur qui prenait sans doute cette idée pour une trouvaille dans le genre plaisant» compase un vocabulaire de trente pages de ce qui ne devait pas en contenir une; car qu'y a-t-il de plus insipide qu'une même forme d'ironie, fût-r elle bonne, si prolixement répétée? Mais de plus, où est la finesse, où est l'esprit, d'appeler son adversaire matérialiste lui-même y parce qu'il a parlé d'objets qui raniment tout le feu d'un au* teur? « Quoi ! c'est vous qui mettez le feu en place » de l'àme? » Ce genre de facétie pourrait faire rire dans une scène diAxiec^în philosophe ^ mais» dans un écrit dont l'objet est d'ailleurs sérieux» revenir cent fois à de pareilles turlupinades 1 quelle pitié 1 Le trait le plus fort , c'est d'adresser au père Berthier, comme exemples de métaphores, des
Î4 COURS D6 Xiirri&ATUBE.
apostvf^kès tetl€d^ qoe QeU«&-d! : Vfiui raiis0mie% tomme wte- panè9u/ie $ t^ous êtes une cruche ^ une tête m pemàquê y eUi. Gda n'est-i) pas bien ingéniem:? Os nmt pas topt-à-fait le goût d€s Prémnciales m des excelleiites lettres polémiques de Raeioe cêmtre Port- Royal ; mais ce Pascal ^st mà/cmaâiquej et Racine uû dévot ^ et il Ha été ^onné qu^à la philosophie de nos jours d'ennoblir les grosses injures et de consacrer les platitudes : c'est un de ses droits exelusife, et tout est botf pour la bonne cause.
Ce même Berthier, au rnte, «paeVoÎYsHre et Diderot ont injurié à Venvi Tun de l^autre, sans que jamaîs^ il âk par» s'ea aperce^mr, a laissé dan» VEurope une réputation généralement aTOoée de savant critiqoe» de bon écrivain et d'homme yer^ tïieux. Mais qu'est-ce que tout cela pour HÔs philosophes^ quand on a le malheur d'être ^Inrétien? I ■