IV
à perpétuer le souvenir des grands événemens. On les déposait sur Tairain, sur la pierre, sur les statues , sur les tombeaux , sur les médailles ; et c'est ce qui fait que ces dernières, dont un grand nombre a échappé aux ravages du temps , sont devenues un objet de recherche pour les curieux d'antiquité , et ont servi souvent à éclaircir ou à constater les faits et les époques des siècles les plus reculés. L'ouvrage le plus anciennement ré-, digé en forme d'histoire , que la littérature grecque nous ait transmis ( car il n'est ici question ni des livres sacrés ni des écrivains orientaux ) , est celui d'Hérodote, nommé par cette raison le Père de VHistoire.
C'est à lui que l'on doit le peu que nous connaissons des anciennes dynasties des Mèdes, des Perses, des Phéniciens, des Lydiens, des Grecs, des Égyptiens , des Scythes. Il vivait environ cinq siècles avant l'ère chrétienne, et avait voyagé dans l'Asie mineure, dans la Grèce et dans l'Egypte. Les noms des neuf Muses, donnés par ses contemporains aux neuf livres qui composent son histoire, sont un témoignage de l'estime qu'en faisaient les Grecs, à qui l'auteur en fît la lecture dans l'assemblée des jeux olympiques; et cet honneur qu'on lui rendit doit aussi leur donner un caract^ d'autorité. Non qu'il faille en conclure que tous leB faits qu'il rapporte sont incontestables : poisfue nos histoires modernes ne sont