‹ Lycée, ou, Cours de littérature ancienne et moderne (volume 2)Chapitre 4 sur 38 · VI IJ NOTICE · texte numérisé non relu

VI IJ NOTICE

Aenal français signala son animosilé contre un liommo dont le parti n'était pas lcsien.^3ans sa prose mordante il ne l'épargna pas davantage; mais dans aucun de ses ouvrages il n'eut le tort de l'attaquer relativement à sa naissance. La Harpe a repoussé une seule fois des traits de cette espèce, dirigés par l'abbé Royou, qui , dans V Annctt littéraire , l'appelait un enfant du hasard. Alors il apprit au public que l'un de ses ancêtres, dont il descendait en ligne directe, était, dès l'année i38g, gcntillionime de la chambre de Bonne de Bourbon , comtesse de Savoie 5 et que sa famille, originaire de ce dernier pays , s'était établie dans celui de Yaud, canton de la Suisse \

Il paraît que le père de La Harpe passa au service de France , n'ayant d'autres ressources que ses modiques appointements; qu'il épousa une personne également sans fortune; que de cette union naquirent plusieurs enfants, la plupart morts en bas âge, et qu'il leur survécut fort peu d'années.

Orphelin avant l'âge de neuf ans, La Harpe fut, de son propre aveu , « nourri six mois par les sœurs de la )) Charité de la paroisse Saint-André-des-Arcs " . » Présenté à ]\L Asselin, proviseur du collège d'Harcourt, qui avait cultivé la poésie française et obtenu l'amitié de Thomas Corneille , il lui récita des vers avec une si grande intelligence, que cet homme respectable le recueillit aussitôt chez lui. Peu de temps après une bourse lui fut accordée, et le jeune boursier s'acquitta de ce

* Mercure de France , du 20 février 1790.

^ Voyez une note de La Harpe , mise au bas de quelques Fragments de l'apologie de la Religion chrétienne , insérés à la fin du Cours de Littérature.

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({Il il (Icvail .1 II iiMiMiii (|iii I ;i\ail :uU)|iU- pai des Mirci's iloiil l'i-clal lut i'«-inai'(|iu- surloul clans les liaiilrs cl.issfs. l'.ii ilu'loiiijiu', il rciiiporla Ir prix d lioiini'iii, ainsi <|iu- lous les autres premiers prix.

Sa réputation iVanchil Itienlùl les limites de Tuni- \crsilé, et le lit rechercher dans le monde, li'homme (le h.'ltres ([u'il connut le premier lut le priiu^pal édileui" de y Encjclopcdic. (^ Je sortais, dit-il , àr. mes \a- I) cances de rhétori([ue à dix- sept ans, et |e revenais » d'une maison de campaj^ne on un ami de l)idert)l » m'avait donné une lettre pour lui. Son traité sur la w poésie dramatique venait de parailre, et luavail Uni » scandalisé. J'étais plein de tous uos bons classiques, » et j'avais eu des maîtres distingués par leur goût. J'at- » taquai tout de suite le philosophe sur sa poéliquc avec » toute l'étourderie de mon âge et de mou caractère. » Diderot, (jiii ne demandait qu à catéchiser la jeunesse, » ne s'ofleiisa point de mes objections , et se répandit en » preuves. Frappé bientôt de son jeu d'énergumèuc, je » m'occupai plus de lui que de la chose, et ne lui ré- » poudais guère que ce qu'il fallait pour continuer lu •<} dispute ou plutôt la prédication • car il n'avait besoin » que d'un mot pour parler une demi-heure, et d'un » texte quelconque pour parler de tout. La séance lut » d'environ quatre heures j il fut presque toujours de- )) bout, en mouvcmcut ou en marche-, et si par hasard » il s'asseyait, c'était encore une partie de sa panto- » mime. Pour moi , je profitais souvent de ses accès )) d'enthousiasme pour m'asseoir tranquillement et le » regarder à mou aise. Son action la plus familière , et » qu'on pouvait appeler son tic favori, était de fermer » les yeux, comme pour appeler l'inspiration ; il restait » alors la tète droite, les hias pendants, et les paroles

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