II
iroisième acte, sans que personne en parle on s'en occupe, sans que sa mère le sache; et il n'est plus (piestion, dans tout le re>te de la pièce, que de la victoire des Athéniens et de la mort d'Eurysthèe, dont personne ne se soucie. Il n'y a encore là nulle connaissance de l'art dramatique.
La jllédée d'Euripide a été mise sur tous les Ihéàtres, et imitée par une foule d'auteurs. Sans doute ce qui les a frappés, c'est une sorte d'éelat dans le rôle de cette audacieuse magicienne , et l'espèce d'intérêt qu'inspire toujours, à un certain point, une femme abandonnée par celui pour <pii elle a tout fait. Mais aussi cet intérêt est affaibli par l'abominable caractère et les crimes affreux de Médée, et par la froideur du rôle de Jason. Cependant les justes ressentiments d'une épouse outragée par un ingrat, les combats de la vengeance et des sentiments maternels, et la profonde dissimulation dont Médée couvre ses noirs desseins , produisent des moments de terreur et des mouvements pathétifpies (jui ont fourni de belles scènes. C'est d'ailleurs une des pièces d'Euripide les mieux conduites, si l'on excepte l'inutile rôle d'Egée, qui vient offrir à Médée un asile dans ses états.
Il faudrait avoir toute la partialité que Brumoy ne montre que trop en faveur des anciens pour établir un parallèle entre YNippolifte d'Euripide et la Phèdre de Racine. L'auteur français doit en effet au grec l'idée du sujet , la première moitié de cette belle scène de l'égarement de Phèdre, celle de Thésée avec son fils, et le récit de la mort d'Hippolyte; mais, dans tout le reste, il a remplacé les plus grandes fautes par les plus grandes beautés. La pièce d'Euripide commence , suivant sa coutume , par un prologue. Ténus est irritée contre Ilippolyle , qui méprise son culte pour se livrer tout entier à celui de Diane. C'est pour le perdre qu'elle a elle-même allumé dans le cœur de la reine une passion indomptable . Elle prévient le spectateur de tout ce (pii doit arriver, et prédit l'accusation calomnieuse de Phèdre , les imprécations de Thésée adressées à Neptune, et la mort de l'innocent Ilippolyte.
« Jesais , dit-elle , que Phèdre m'est fidèle. "N'importe, il faut qu'elle périsse. Ses jours ne me sont pas assez chers pour leur sacrifier ma vengeance. Immolons une victime innocente ponr immoler mon ennemi. »
Introduire une divinité pour lui faire jouer un si exécrable rôle, et annoncer ainsi d'avance tout ce (pii va se passer, c'est ramener l'art à son enfance; et après les pas qu'avait faits Sophocle , ces fautes énormes d'Euripide ne sont nullement excusables. Il n'a point mis d'épisode dans celte pièce ; mais aussi a-l-il laissé beaucoup de langueur dans
l'action. Les conversations de Phèdre avec sa nourrice remplissent les deux premiers actes. Celle-ci s'est cliargée de faire des propositions à Ilippplyte, indécence grossière qui ?ie serait pas tolérée sur un théâtre épuré. Le jeune prince entre sur la scène en repoussant, avec des cris d'indigna-' tion, la malheureuse contidente, qui veut embrasser ses genoux pour l'engager au moins au silence. Il répète devant un chœur de femmes les infâmes propositions qu'on vient de lui faire , comme la reine elle-même a devant ces mêmes témoins exhalé toutes les fureurs d'une passion criminelle, en sorte que la bienséance et la vraisemblance sont également violées. La longue déclama mationd'IJippolyte contre les femmes n'est pas de meilleur goût.
'( Puissant Jupiter, pourquoi avez-vons permis qu'on vît paraître sous le soleil un mal aussi dangereux que ce sexe ? N'y avait-il pas d'autre voie pour produire la race morlelle! IN'eùt-il pas été plus avantageux pour les hommes de porter dans vos parvis l'airain , le fer el l'or , pour acheter des enfants à proportion des offrandes etc. ? »
Suit une satire de quarante vers contre le mariage, contre les femmes beaux-esprits, contre les agentes d'amour, enlin tous les lieux communs dignes du rôle d'Arnolphe (piand il donne toutes les femmes au diable, mais bien indignes du théâtre de Melpomène. On a beau dire que ces endroits faisaient allusion aux mœurs d'Athènes : la tragédie n'est point la critique des mœurs sociales ; celte critique est le domaine de la comédie ; et Hippolyte ne doit point parler comme un vieillard ridicule et jaloux. Rejetons dans tous les temps ce qui est dans tous les temps mauvais.
Phèdre, ajirès avoir maudit sa confidente, sort pour aller se pendre. On apprend sa mort , et la pièce est régulièrement finie , que Thésée n'est pas encore arrivé; autre défaut impardonnable. Voici bien pis : il trouve entre les mains de sa femme morte une lettre qu'elle a écrite avant de se tuer, dont il reconnaît le caractère , et qui accuse Ilippolyte. Ainsi la mort , qui est pour tous les hommes le moment du repentir, a été pour Phèdre le moment d'un dernier crime. Elle pouisuit après sa mort celui qu'elle a ainu- [lendaul sa vie. Il faut leilire : c'est un démenti formel doiui(> à la nature, au bon sens , à tous les principes de l'art. Il ne faut point faire grâce à ces honteuses absiu'dilés (jue les partisans maladroits et superslitieux des anciens ont cru devoir dissimuler. Si la 7>/(èf/yT de Uaeineélailfaitedanscegoûl, serait-elle siq»portée un moment ? Supporterail-on ipi'après le récit du désastre atïieux d'Ilippolyle, TlK-sée s'exprimât ainsi :
ANCIENS. — POESIE
" Je l'avouerai : ma haine pour un perfide m'a fait écouter ce récit avec quelque sorte de satisfaction. IMais enfin je sens que la piété envers les dieux et ma tendresse |)Our un fils , tout coupable qu'il est , se réveillent dans mon cœur. Ainsi , sans joie et sans douleur dans cet événement , je demeure dans l'indifférence. » Et un moment après, comme son fils n'est point encore mort, il ordonne qu'on l'apporte devant lui.
« Je veux le revoir encore . lui reprocher son crime, et achever de le convaincre par son supplice même. »
Faire des reproches à son fils dans l'état où il est ! O nature ! (jui êtes l'ame de la tragédie, vous que les Grecs et ce même Euripide ont souvent peinte avec des traits si vrais, est-ce ainsi que vous êtes faite ? Y a-t-il des femmes comme cette Phèdre, et des pères comme ce Thésée. Grâces au ciel, je n'en crois rien; et si par hasard il y en avait, ce ne serait pas encore une excuse pour l'auteur : il est de principe que les exceptions monstrueuses ne sont point l'objet des arts d'imitation.
La pièce finit comme elle a commencé, par une «léesse. Diane vient justifier Hippolyte , et accabler Thésée de reproches. On apporte sur le théâtre Hippolyte expirant, qui, pour achever de rendre son père plus odieux, lui pardonne sa mort. C'est alonger inutilement la pièce , pour offrir un défaut de plus. Tel est cet ouvrage, qu'il faut pourtant bien pardomier à Euripide, puisque nous lui devons celui de Piacine.
Si l'on en croit Brumoy, la duplicité d'action est un défaut inconnu aux Grecs. Nous avons déjà vu combien il était fréquent chez Euripide, et nous en verrons encore deux exemples bien remarquables, l'un dans les Troyetmes, l'autre dans Ilécube ; ce qui n'empêche pas qu'on admire avec raison , dans ces deux pièces , des situations très dramatiques, et une nature aussi vraie, aussi touchante que celle de sa Phèdre et de quelques autres pièces est fausse et révoltante. Les Troijennes sont assez connues par la pièce de Çhàteaubriin , qui en est une imitation. La scène est dans le camp des Grecs et devant les ruines de Troie. Les vainqueurs vont prononcer sur le sort de leurs captives, d'Hécube, de Polyxène, d'Andromaque, de Cassandre , et d'Astyanax , fils d'Hector. L'intérêt est divisé , et par conséquent affaibli. Mais pourtant les malheurs réunis sur cette famille royale sont susceptibles de la dignité et de l'émotion tragifpie qui se font sentir dans la pièce grecque et dans la française. Polyxène ne paraît point dans la première. C'est pourtant l'incertitude de son sort tiui est l'objet des deux premiers actes. On apprend au troisième qu'elle a été immolée sur le tombeau d'Achille, et qu'Astyanax est con-
damné à périr. Voilà jjien une seconde action. Talthybius, officier de l'armée grecque, vient annoncer à la veuve d'Hector cet arrêt foudroyant. Les plaintes de cette mère désolée, et ses adieux à son fils , sont un des plus beaux morceaux (pii soient sortis de la plume d'Euripide ; mais il faudrait celle de Racine pour les rendre. Il est vrai qu'après ce beau troisième acte ([ui arrache des larmes il semble les sécher à plaisir dans le suivant , et faire oublier son sujet par l'épisode le plus déplacé. Il fait venir, sans la moindre raison, Ménélas tout occupé du soin de se venger de son infidèle Hélène, et prêt à la faire embarciuer pour la Grèce, où il la fera mourir. Ici s'établit une de ces scènes de controverses dont Euripide avait rapporté le goût de l'école des pliilosophes , et dont il infecta le théâtre d'Athènes, d'autant plus facilement que les Grecs, naturellement subtils et disputeurs , aimaient assez ces sortes de scènes , opposées en général à l'esprit dramatique, qui veut beaucoup plus de sentiments que de raisonnements, et qui n'admet ceux-ci que dans les situations tranquilles , encore avec beaucoup d'art et de mesure. Ménélas accuse Hélène ; Hélène se défend : double plaidoyer suivi d'un troisième , car Hécul)e prend la parole ; elle se charge de confondre la femme de Ménélas , et paraît en venir à bout : mais, encore une fois, à quoi tout cela tendil ? Qu'à distraire le spectateur, pendant un acte entier, de l'intérêt qui l'occupait, et du sort de la famille de Priam.
Un des détails les plus brillants de cette pièce, c'est la prophétie de Cassandre, (pie Chàteaubrun a imitée assez heureusement, et qui, dans la nouveauté, contribua beaucoup au succès de la pièce, et commença la réputation de la célèbre Chsiron.
N'oublions pas que dans les Troyenues, comme dans les autres pièces du même auteur, on ne manque pas de retrouver le prologue, qui est de règle chez lui. Les interlocuteurs sont Neptune el Minerve, qui conviennent de faire tout le mal possible à la flotte des Grecs.
Dans Hécube , du moins , le prologue ne se fait pas par une divinité : c'est l'ombre de Polydore , fils de Priam , (pu vient raconter toute son histoire , et prédire tout ce que les spectateurs verront. Il a été assassiné par Polymnestor, roi de la presqu'île de Thraco , à qui Priam l'avait confié. Les Grecs, au retour de Troie, abordent dans cette presqu'île. Hécube^ leur prisonnière est avec eux. et l'ombre d'Achille demande le sacrifice de Polyxène, sans lequel les Grecs ne poun-ont pas sortir de la Thracc. C'est cette même Polyxène qu'Euripide n'a pas voulu faire paraître dans les Troyennes, quoiqu'elle y soit immolée, mais sur
COURS DE LITÏÉRATUUE.
laquelle il a épuisé ici toutes les ressources de son génie et toutes les richesses de son éloquence. Les trois premiers actes de cette pièce sont peut-être ce qu'il a fait de plus touchant et de plus parfait. Les deux derniers ne contiennent que la vengeance que tire Hécube de Polymestor ; et cette seconde action , absolument indépendante de la première , a de plus l'inconvénieiit d'être infiniment moins intéressante. Laissons-la de côté, pour ne nous occuper que de Polyxène. La scène où Ulysse vient la chercher pour la conduire à la mort où les Grecs l'ont condamnée, les discours de cette princesse et de sa mère, leur séparation déchirante, le rôle même d'Ulysse, qui, dans un ministère odieux, conserve la dignité convenable, tout est traité avec une supériorité digne des plus grands modèles. Hécube demande à Ulysse la liberté de l'interroger, car elle est captive et parle à un de ses maîtres. Elle lui demande s'il se souvient qu'étant venu à Troie, déguisé et chargé du dangereux personnage d'espion, il fut reconnu par Hélène, ({ui vint faire part à Hécube de cette decouverte. Hécube n'avait qu'à dire un mot , et Ulysse était perdu. Il implora sa pitié, et obtint d'elle qu'elle le laissât partir. Ulysse convient de tout ; et l'on sent quel avantage cet aveu donne à Hécube, qui lui a sauvé la vie.
Souviens-toi de ce jour où, d'une voix tremblante.
El pressant mes genoux d'une main suppliant'',
Pâle et défiguré par l'effroi de la mort,
A ma seule pitié tu remettais ton sort.
Je reçus ta prière, et j'épargnai ta vie;
Je te lis échapper d'une terre ennemie.
Tu dois à mes bontés ce jour qui luit pour toi ,
Et tu peux à ce point être ingrat envers moi !
Ulysse outrage ainsi ma fortune abattue!
S'il vit , c'est par moi seule . et c'est lui qui me lue .'
Il m'arrache ma fille ! Ah 1 cruel 1 et pourquoi ?
Quel dieu vous a dicté celle exécrable loi ?
Est-ce Achille aujourd'hui qui veut une victime?
Dont les màncs vengeurs s'arment contre le crime?
Eh bien ! sacrifiez h l'ombre d'un héros
L'auteur de son trépas, l'auteur de tous nos maux;
Sacrifiez Hélène , odieuse furie.
Et non moins qu'aux Troyens, fatale à sa patrie.
Si d'une offrande illustre Achille est si flatté.
S'il vent voir sur sa tombe immoler la beauté,
Hélène, à qui les dieux l'ont donnée en partage.
Remporte encor sur nous ce funeste avantage ;
Hélène est plus coupable et plus belle à la fois.
O vous à qui j'adresse une débile voix ,
Vous que j'ai vu jadis , dans un jour de détresse .
Prosterné devant moi, supplier ma vieillesse.
Que ré(iuité vous parle et .soit juge entre nous :
Faites ici pour moi ce que j'ai fait pour vous.'
J'ai plaint votre infortune, et vous voyez la nôlre;
Vous pressiez celte main, et je presse la vôIre.
Hécube est à vos pieds; Ilécubc est mère, hélas!
Hélas! n'arrachez point ma fille de mes bras;
Se versez point .son sang; c'est assez de carnage.
Mes revers .sont affreux : ma fille les soulage .
Console me< vieux ans. ndoueil nies douleurs.
Et mo fait quelquefois oublier mes malheurs.
Ah ! ne me l'ôlez pas , ne me privez point d'elle 1
La victoire jamais ne doit être cruelle.
Quel vainqueur peut compter sur un bonheur constant'?
je suis des coups du .sort un exemple éclatant.
Je régnais, j'étais mère , et je me crus heureuse :
Mon bonheur a passé comme une ombre trompeuse.
L n jour a lout détruit , et je ne suis plus rien.
Prenez pitié de moi . laissez-moi mou seul bien ;
Parlez à tous ces chefs , et que votre sagesse
De tant de cruautés fasse rougir la Grèce.
Les femmes, les enfants, dans l'horreur des combat».
?»"ont point été frappés du fer de vos soldais.
Est-ce an pied des autels que , souillant votre gloii'p .
^ ous répandrez le sang qu'épargna la victoire?
Eh quoi ! pour des captifs désarmés et soumis
Serez-vous plus cruels que pour vos ennemis?
Parlez , et révoquez l'arrêt de l'injustice :
La Grèce vous écoute, et doit en croire Ulysse.
Ce discours d'Hécube, dans l'original, semble réunir tous les gem-es d'éloquence : celle de la tendresse maternelle, la dignité d'une reine se mêlant à la douleur suppliante , l'art d'intéresser jusqu'à r amour-propre d'un ennemi. Ulysse se défend aussi bien qu'il est possible. Il n'a point oublié ce (ju' il doit à Hécube; mais il n'est que l'organe des volontés de l'armée, il n'est pas en lui de les changer. Si Hécube pleure ses enfants, combien de mères dans Argos et dans Mycènes pleurent au.ssi leurs fils tués devant Troie! Enfin Achille, qui a rendu tant de services aux Grecs, a des droits sur leur reconnaissance ; et comment lui refuser la victime qu'il demande? Les héros sont jaloux des honneurs dus à leur mémoire. Ici le poète, par la bouche d'Ulysse , fait l'éloge des mœurs greccjues, et des nobles tributs qu'elles payaient aux mânes des grands hommes , tandis que dans les monarchies barbares leurs services étaient ensevelis avec eux. Hécube , voyant qu'Ulysse résiste à ses prières, exhorte .sa fille à le fléchir, s'il se peut , par ses soumissions et par ses larmes. La réponse de Polyxène est d'une fermeté qui contraste très heureusement avec le dé.sespoir d'une mère,
Ulysse , je le vois , vous craignez ma prière : A'otre main fuit la micmie , et votre front sévèrr , Votre regard baissé, se détournent de moi. Ras.surez-vous : des Grecs je remplirai la loi. De la nécessité je subirai l'empire :
On ordonne ma mort , et mon ca'ur la désire. J'ainviis trop à rougir si, devant un vainqueur, Trop d'amour de la vie eût abaissé mon cœur. Pourquoi vivrais-jc encor? j'ai vu régner mon i)ère. Polyxène, l'espoir et l'orgueil d'une mère, Croissait dans son palais pour le plus beau destin . Pour voir un jour des rois se disputer sa main , Pour aller embellir une cour fortimée Qu'aurait enorgueillie un superbe hyménéc; Et dans mes joiu's de gloire et de prospérité . Je n'enviais aux dieux que l'immortalilé. Je suis esclave, hélas! Ce nom plein d'iiifamis . Ce nom seul me sutfit pour d('tester la \\e.
ANCIENS
POESIE
Altendrai-je qu'ici , pour couibler mes revers, Un maître , à prix d'argent , me donnant d'autres fers. Livi-e la sœur d'Hector aux plus vils ministères. Aux travaux destiuc^s à des mains mercenaires, VA qu'un esclave impur, m'obtenant malgré moi. Vienne souiller mon lit où dut entrer un roi? Non. J'aime mieux la mort que cet excès d'injure; J'aime mieux aux enfers descendre libre et piuT. A qui perd tout espoir il reste le trépas. Ulysse , je vous suis : n'arrêtez point mes pas , Ma mère; laissez-moi marcher au sacrifice; Oui , laissez-moi mourir avant qu'on m'avilisse. Le malheur , il est vrai , peut frapper tout mortel ; Moins il est attendu , plus il semble cruel : Mais qui peut à l'opprobre abandonner sa vie ? Ah ! le plus grand des maux sans doute est l'infamie.
UÉCUBE.
J'admire ton courage, et je pleure ton sort. Si du fils de Pelée il faut venger la mort , Grecs , où va s'égarer votre injuste colère ? Uu crime de Paris il faut punir sa mère. Paris seul est coupable ; il est né dans mon Hanc : Sur la tombe d'Achille épuisez tout mon sang. Frappez.
ULYSSE
Ce n'est pas vous qu'Achille nous demande ; Des jours de Polyxène il exige l'offrande.
HÉCIBE.
Immolez toutes deux : confondez à l'autel Kt le sang de ma fdie, et le sang maternel.
ULYSSE
Achille veut le sien , madame , et non le vôtre. Eh! que ne pouvons-nous épargner l'un et l'autre!
nÉCUBE.
Slourir avec ma lilie est un devoir pour moi.
ULYSSE
Non : votre seul devoir est de suivre ma loi.