Livre en mes faibles mains ses puissants ennemis
On peut observer que Racine emploie assez rarement l'antithèse. Elle n'est le plus souvent qu'une figure de mots; ici c'est l'histoire de toute la pièce en un seul vers, qui montre d'un côté la puissance, et de l'autre la faiblesse : c'est le germe de l'intérêt.
Les approches du péril commencent avec le second acte. Le jeune Zacharie, le fils du grandprêtre et de Josabeth , vient apprendre à sa mère que l'entrée d'Athalie dans le temple a interrompu le sacrifice. Ce commencement d'acte , plein de vivacité et de trouble, est d'un effet théâtral, après le calme majestueux du premier acte; et les détails sont remplis de cet esprit religieux qui entretient partout l'illusion , et nous place dans le temple de Jérusalem.
Déjà , selon la loi , le grand prêtre , mon père , Après avoir, au Dieu qui nourrit les humains , De la moisson nouvelle offert les premiers pains , Lui présentait encore , entre ses mains sanglantes , Des victimes de paix les entrailles fumantes : Debout à ses côtés , le jeune Éliacin , Comme moi , le servait en long habit de Im; Kt cependant du sang de la chair inmiolée Les prêtres arrosaient l'autel et l'assemblée. Un bruit confus s'élève , et du peuple surpris Détourne tout-à-coup les yeux et les esprits. L'ne fi'rame... peut-on la nommer sans blasphème? Une femme... c'était Alhalie elle-même...
JOSABETU.
Ciel!