‹ Lymphadénie aleucémiqueChapitre 18 sur 39 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

‘ Indications thérapeutiques. — Ta première «serait certainement de S’adresser à la cause de l'affection: Malheureusement, cette cause est encore inconnue et la médication arsenicale, qui compte de beaux succès ne peut cependant être considérée comme spécifique.

Indications fournies par l’état général du malade. — Jhez tout malade atteint de lymphadénie, on aura soin de maintenir en excellent état ses fonctions digestives : la liberté du ventre est indispensable et des laxatifs fréquents seront prescrits pour éviter la constipation et produire un flux intestinal qui ne peut exercer qu'une heureuse influence sur la diminution des tumeurs. Aussi donnera-t-on la préférence aux purgatifs qui agissent en augmentant les phénomènes d’osmose intestinale

Les malades doivent manger abondamment pour augmenter leurs forces, qui sont habtuellement fort diminuées. \

Il est bon de leur prescrire, outre les préparations amères, tout ce qui peut stimuler l'appétit.

On leur ordonnera de vivre au grand air, de faire des promenades courtes et fréquentes, dans la limite de leurs forces, et de prendre des aliments nourrissants, tels que le lait, les œufs, les corps gras, les féculents.

11 y a du reste avantage de leur laisser la plus grande latitude dans le choix de leur nourriture, à la condition qu'ils mangent suffisamment. Il est inutile de trop in-

sister sur l'alcool et les vins excitants.

Indications fournies par l’état du sang. — T’hématose se fait mal chez les lymphadéniques; le sang pauvre en globules rouges s’oxygène insuffisamment et, par suite, les échanges nutritifs de toute l’économie en souffrent. Aussi, toutes les fois que l’examen microscopique révèlera la diminution du nombre des globules rouges, il v aura lieu de chercher à activer la circulation du sang et à faciliter son contact avec l'oxygène.

C’est dans ce but que l’on peut se servir des inhalations d'oxygène, qui seront répétées aussi souvent qu'il sera possible au malade. Le premier effet de cette médiration est de diminuer la dyspnée, parfois si pénible, qui peut se manifester, même pendant le repos, chez les sujets dont la lymphadénie est très développée. Cette méthode donne des résultats qui sont peut-être peu dura-

bles, mais elle à l'avantage de donner du calme pendant quelques heures, chaque jour, et, si eile ne guérit pas, elle soulage toujours.

Les fonctions de lx peau doivent être surveillées de. très près. Elles doivent être stimulées par des douches très courtes, froides ou tièdes selon le cas, suivies d'une sorte friction où mieux d’un peu de massage. |

Mosler à vu diminuer l’hypertrophie splénique par l'emploi des douches locales froides sur lhypochondre gauche.

Si le sujet est trop faible pour supporter les douches, il faut les remplacer par des frictions faites matin et soir sur les membres avec un mélange alcoolique exci-

tant, dont voici la formule

COOP ra er MERE ere 100 gr.

Hau de lavande 7245 5m lue: Do gr.

£ Essence de térébenthine...... à 25 gt Mélanger Hédications empiriques. — 1’huile de foie de morue,

le fer, le sulfate de quinine et le quinquina, ont tour à tour été employés de façon systématique, mais les résultats ont toujours été incomplets.

Les ferrugineux, déjà préconisés par Frousseau, donnent parfois d'assez heureux effets, employés soit Sous forme de protoxalate de fer, soit sous forme de perchlorure.

La quinine recommandée par Mosler et Widal est

parfaitement indiquée quand le malade à éprouvé de

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l’impaludisme. Il est bon de connaître la formule de

Mosler POABIONLE

Chlorhydrate de quinine........ hgr* Acide chlorhydrique ....... UE 2 gr.

Eautdistilés A re eee 150 gr.

Mucilage de gomme........ PME ï. 7 ; âà 20 gr Sirop simple, ::.,.:!. REP AN AA |

A prendre tous les matins par cuillerées à bouche, une à 6:h.,7h;et 8h;

Dans le cas ou la forme liquide ne peut pas être supportée, Mosler prescrit les pilules suivantes

Chlorhydrate de quinine.... D gr.

Acide chlorhydrique........ xv gouttes Eau distillée......,....... q.s. pour dissoudre, Ajouter :

Poudre de guimauve....... 42 aà q.s Sucre Candpe.1 Va metle

F. 58. A. pilules n° 100.

Prendre matin et soir cinq pilules.

Les iodures ont été employés, sous forme d'iodure de fer, ou d'iodure de potassium, et n’ont donné aucun résultat heureux.

Signalons encore la médication mercurielle dite de Jettmann, qui a donné de mauvais résultats.

Le phosphore eut un moment de vogue à la suite d’une importante discussion survenue en 1876, à la Société

royale de Médecine et de Chirurgie de Londres, discussion au cours de laquelle Mocon et Jenner, à la suite de Broadbent et Wilson Foa apportèrent un contingent de faits favorables. Malheureusement, de nombreux insuccès eurent lieu et cette méthode est aujourd’hui complètement mise de côté, tant ponr son peu de fidélité que

pour les dangers auxquels elle expose les malades.

L’arsenic a beaucoup été employé depuis Billroth qui,

la préconisa en 1871. Son exemple encourageant fut suivi d'abord en Angleterre, puis en Allemagne, cn Italie, en Suède, enfin en France par Panas, Tervillon, Reclus, : 3arth, etc, etc. ; de nombreuses observations constatent de notables améliorations ainsi obtenues, voire même des guérisons complètes furent publiées. Maintenant le traitement arsenical est à peu près universellement employé.

On peut donner l'arsenic à l'intérieur sous forme de liqueur de Fowler,employée en gouttes.On doit procéder graduellement, par exemple on commence par V gouttes par jour et on augmente journellement de T à III gout-

tes, jusqu'à une dose maxima, qui doit varier Suivant l’âge et la susceptibilité du malade de XL à C gouttes.

On peut en outre faire des injections interstitielles.

La solution dont on se sert se prépare avec une partie de liqueur de Fowler et une partie d’eau distillée; il faut avoir soin de ne se servir que de solutions fraîches.

On commence par injecter une division de la seringue et

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on arrive progressivement à une demi-seringue tous les deux jours.

L'injection doit se faire directement dans les glandes tuméfiées. IL est bon de varier autant que possible son siège, car bien que son action s'exerce sur l’ensemble de l’économie, elle détermine une atrophie plus rapide et plus marquée dans les parties directement intéressées.

L’hypertrophie splénique ressortit également aux injections dans le parenchyme de l'organe.

Cette indication n’est pas sans quelques inconvénients. L’arsenic est souvent mal toléré. La diarrhée et les troubles intestinaux sont les premiers phénomènes dont on doive surveiller l'apparition. Afin de les prévenir, Lemoine associe le laudanum à l’arsenic. Il prescrit sOUvent la potion suivante qui est renouvelée chaque jour et dans laquelle la dose de liqueur de Fowler doit être essentiellement variable:

04 Liqueur arsenicale de Fowler X gouttes Laudanum de Sydenham ... XV gouttes

Julep gommeux.,...... TOO EE

Le cacodylate de soude et Farrhénal ont remplacé en partie la liqueur de Fowler; ils sont en effet beaucoup plus maniables et s’emploient de la même façon.

Quelle que soit la formule à laquelle on s'arrête, il est bon de toujours donner la dose journalière d'arsenic et de la faire prendre en trois fois, au commencement de chacun des trois repas. En tous cas il est nécessaire de bien connaître les accidents d’intolérance pour être pru-

dent le cas échéant. Ce sont en général, des maux de tête, des douleurs névralgiques, un état fébrile, parfois assez accentué, de la pharyneite, du coryza, enfin du bourdonnement doreilles, des troubles oculaires, de la congestion de la face, des exanthèmes, etc.

La durée du traitement est assez longue. Quand on fait des injections interstitielles, lPatrophie des tumeurs ganelionnaires se fait avec une rapidité extraordinaire pendant la première semaine, mais plus lentement ensuite. IE faut attendre des mois pour avoir un résultat satisfaisant. |

Il semble, en résumé, bien démontré qu'à l’heure actuelle, de tous les traitements qui ont été successivement préconisés, celui par l’arsenic doit être choisi de préférence.

Le mécanisme de son action est encore ignoré, mais son efficacité thérapeutique semble réelle. Il y à donc lieu de l’employer, car ses contre indications sont exceptionnelles (ictère hémolytique), et il n’a guère que le défaut d'agir lentement, et de demander un emploi continu jusqu’à la guérison complète de la maladie.

L'avenir nous dira si le benzol et les composés arsénicaux nouveaux atoxyl, hectine, arsénobenzol, n’ont pas une efficacité meilleure.

Traitement par les Rayons X :

Cette méthode a surtout été employée dans la forme leucémique, elle réduit le nombre des leucocytes, et la

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rate et les ganglions se réduisent de plus en plus de volume.

Dans la lyphadénie aleucémique, l’amélioration est ordinairement plus tardive, moins régulière, et moins

complète.

Traitement par le Sérum rontgénisé :

Cette méthode est due à d’Ambrosio et consiste à injecter au malade du sérum sanguin d’un cheval sain soumis au préalable à l’action des rayons rontgên.

On peut l'administrer par voie intra veineuse, son action est alors rapide (quatre heures) mais elle disparaît au bout de 24 heures.

On peut encore employer la voie hypodermique mais les effets sont plus tardifs: mais durables.

On note par cette méthode une amélioration de l’état général et une réduction notable de la tuméfaction splénique.

Traitement hydrominéral :

Hérard préconise les eaux chlorurées arsénicales de la Bourboule.

Trousseau, Jaccoud, Labadie, Lagrave préconisent les Stations iodobromurées : Saxon, Kreuznach, Salins, La Mouillère, Besançon, Salies de Béarn, Biarritz.

Opothérapie :

On a fait appel à la médication splénique, qui n’a pas donné les résultats que lon était en espoir d'attendre;

nos

Von cite des cas d'amélioration notable, mais malheureusement pas de guérison.

Un excellent moyen de l’'employer consiste à réduire l'organe en poudre, le dessécher dans le vide à 20° ou DEN

On peut encore se servir d’un extrait aqueux de rate évaporé à consistance sirupeuse, et additionné de chlorure de sodium.

On l’administre à la dose de 1 à 5 grammes dans du bouillon.

On à aussi employé l'opothérapie médullaire, c'est la moelle fraîche qui constitue la meilleure méthode, On prend une.moelle osseuse fraîche du bœuf où de veau; on la triture simplement à froid, et on ajoute une cuillerée à soupe de ce produit à trois cuillerées d’eau; le

tout est filtré et mélangé au lait des 24 heures. Traitement chirurgical :

Extirpation des ganglions :

Les cas heureux obtenus par cette méthode sont une exception très rare.

Aussi ne doit songer à l'opération que dans le cas de

Ivmphadénome isolé et tout au début de son évolution.

Lxtirpation de la Rate :

La splenectomie doit être proscrite, elle amène généralement la mort avec apparition de tous les Symp-

tômes et une cachexie rapide.

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