CHAPITRE V
Traitement
Nous diviserons cet important chapitre en deux paragraphes : Dans le premier nous parlerons du traitement de la cause, dans le deuxième du traitement local propre à combattre linflammation de la région mastoïdienne.
Pratiquement nous aurons à considérer les causes suivantes :
19 Furonculose,
29 Eczéma, dans la lymphangite.
19 Impetigo,
29 Pédiculose,
39 Infection rhino-pharyngée, dans l’adénite et l’adénophlégmor.
Dans la furonculose le traitement peut être abortif ou curatif.
Le traitement abortif ne réussit que tout à fait au début de l'affection. Il varie suivant que la lésion est limitée et
TP, 0 as directement accessible ou qu’une inflammation diffuse des régions cutanées voisines masque le siège du furoncle.
Dans le premier cas on fera par jour deux ou trois attouchements à la teinture d’iode ou même une cautérisation avec une pointe de galvano-cautère.
Dans le deuxième cas, on instillera dans le conduit, trois fois par jour, 15 à 20 gouttes de glycérine phéniquée au vingtième après avoir fait au préalable tiédir cette solution. | | Le traitement curatif, dans sa période médicale, comme dit Lermoyez, consiste à calmer les douleurs qui sont extrêmement vives et à prévenir l’éclosion de nouveaux furoncles. On atteindra ce but en introduisant dans le con-duit auditif une mèche imbibée d’une solution à parties égales de liqueur de Van Swieten et de glycérine neutre.
S'ilyaen même temps un état saburral de la langue, on prescrira un purgatif. .
La levure de bière sera administrée pendant quinze jours dans les cas sérieux.
L’abcédation du furoncle (période chirurgicale de Lermoyez) est signalée par une diminution des douleurs. Dans ce dernier cas, lorsque l'ouverture ne se fait pas spontanément, il faut inciser. Cette incision sera suivie du pansement plus haut indiqué. |
Le traitement de l’eczéma varie avec la période à laquelle on le considère. |
Tout au début, alors qu’il n’existe que de la rougeur du pavillon, on aura recours aux poudres inertes : tale associé à l’oxyde de zinc dans la proportion de 3 à 1 par exemple.
Plus tard, quand les surfaces malades sont le siège d’un
suintement et de productions croûteuses, il faut décaper les téguments à l’aide de l'huile de vaseline qui sera laissée en contact vingt-quatre heures. Au bout de ce temps les” croûtes se détacheront facilement. On apphqueræ alors une pommade à l’oxyde de zinc au 4 /10.
Lorsque Pirritation est calmée et quard l’eczéma aigu tend à passer à l’état chronique, on fera des attouchements avec une solution de nitrate d'argent au 1/30.
Nous allons parler maintenant du second groupe d’affections : Impetigo, pédiculose, infection rhino-pharyngée.
L’impetigo du cuir chevelu, qu’on rencontre en général chez les enfants mal tenus, disparaît vite lorsque l’on institue des soins de propreté ; les savonnages énergiques au savon de Marseille font tomber les croûtes dont la place sera cautérisée à l’eau oxygénée.
Quant aux poux, le meilleur remède pour s’en défaire consiste à raser le cuir chevelu ; dans le cas où les parents ne veulent pas se résigner à sacrifier la chevelure de leur enfant, on leur conseillera les applications d’onguent mercuriel. -
L’infection rhino-pharyngée, considérée comme la cause de l’adénite rétro-auriculaire, est en général entretenue par la présence de végétations adénoïdes. Leur ablation est indiquée. On fera de plus l’antisepsie du rhino-pharynx à laide de l’huile mentholée au 1 /100.
Le traitement local de la lymphangite rétro-auriculaire consiste dans l’application d’un large pansement humide chaud à l’eau bouillie, dépassant dans tous les sens la région malade. Ce pansement doit être renouvelé tous les jours. En général, au bout de cinq à six jours, la guérison se fait,
S'il y a tendance, au contraire, à la suppuration, il faudra pratiquer l’incision de Wilde lorsque: l’on sentira le pus bien collecté,
L’adénite rétro-auriculaire se traite comme la nan gite par des pansements humides très chauds, qui peuvent pour certains auteurs, être remplacés par la glace. L'’adénophlegmon sera incisé.
OBSERVATION III (POUTCHKOVSKY)
Au sujet de la pseudo-mastoïdite.
Il s’agit d’un homme de 24 ans qui a été admis à l'hôpital pour une fièvre typhoïde. Après un séjour de deux mois, les malade semblait guéri et.se préparait à sortir, lorsqu' il ressentit presque subitement une douleur dans la mâchoire inférieure, du côté droit. En même temps il se produisit une tuméfaction des ganglions lymphatiques sous-maxillaires et cervicaux du même çôté. La tuméfaction et la douleur allèrent en augmentant. Les téguments sus-jacents étaient congestionnés et épais sis. Deux jours plus tard, la tuméfaction gagna, puis dépassa en bas et en avant la région de l’apophyse mastoïde et le malade est admis dans un service d’otologie.
La température monte à 392 et il se produisit un écoulement abondant de pus par le conduit auditif externe.
Le pavillon de Poreille droite est repoussé en ayant et en haut. En arrière du pavillon, il existe une tuméfaction douloureuse à la palpation ; la peau est tendue, de coloration rouge-violacée, et l’écoulement par l'oreille augmente quand on presse sur la région de la mastoïde. :
L'examen otoscopique montre sur la paroi postéro- -inférieure du conduit auditif, à 2 ou 3 millimètres de la membrane du tympän, une petite fistule à bords ulcérés, (est par cette voie
toïdite, comme on l’avait pensé au premier abord.