‹ Lyon à l'Exposition universelle de 1889 (volume 2)Chapitre 33 sur 97 · ÉCOLE DES SOURDS & MUETS · texte numérisé non relu

ÉCOLE DES SOURDS & MUETS

A VILLEURBANNE (près Lyon) Fondée et dirigée par M. J. Hugentobler

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nstitution de Sourds -Muets de Lyon pour l'en-

? seignement par la parole fut fondée, en 1872, par

x6fr M. Hugentobler (Jacques), son directeur actuel. L'école

>;¥| fut ouverte, le 18 septembre 1872, rue Duhamel, 10 (quartier de Perrache).

Au début, l'établissement n'était organisé que pour recevoir un petit nombre de pensionnaires ; mais il ne tarda pas à attirer sur lui l'attention des Sociétés savantes de notre cité, notamment de la « Société nationale de médecine, de la « Société des sciences médicales » et de la « Société nationale d'éducation. »

A l'instigation de quelques amis, M. Hugentobler résolut d'élargir le cadre de son activité. Il adressa dans ce but, en février 1881, au Conseil municipal de Lyon, un projet tendant à la fondation d'une institution régionale de sourds-muets, basée sur l'enseignement par la parole.

A la suite de ce projet, M. le Maire de Lyon nomma une Commission qui, par la plume du regretté Dr Létiévant, chirurgien en chef de l'Hôtel-Dieu, se prononça énergiquement en faveur de la nouvelle méthode, comme étant

infiniment supérieure à l'éducation par signes. Dès lors, l'enseignement des sourds-muets par la méthode orale acquit chez nous droit de cité.

L'année suivante, le Conseil municipal de Lyon vota une subvention et des bourses en faveur de l'institution Hugentobler, et le Conseil général du Rhône imita son exemple par sa délibération du ier septembre 1882.

Confiant en l'avenir de son œuvre et en l'esprit de progrès de la population lyonnaise, M. Hugentobler transféra son établissement du centre de la ville dans la banlieue, au milieu d'un vaste clos admirablement situé, à Villeurbanne, 77. rue des Maisons-Neuves.

Là eut lieu, le 29 juillet 1882, la première distribution des prix aux onze élèves de l'institution ainsi transformée, sous la présidence de l'honorable M. Guichard, conseiller général, depuis député, qui, en s'assimilant l'idée du directeur de la jeune école, y posa la pierre de fondation de la Société d'assistance et de patronage pour les Sourds-Muets du département du Rhône et des départements voisins.

Par son transfert à Villeurbanne et par la création de ladite Société, l'établissement est entré dans une phase nouvelle; depuis, il n'a cessé de prospérer, grâce à sa belle installation et aux progrès réalisés chaque jour.

L'institution Hugentobler est aujourd'hui populaire dans notre région. Citons en premier lieu, et avec une très légitime satisfaction, l'attention bienveillante que lui porte le corps médical de notre Université.

Le Conseil municipal de Lyon et le Conseil général du Rhône, n'ont pas voulu rester en arrière en vue de favoriser cette institution, dont les débuts furent des plus modestes.

En 1886, s'inspirant de l'exemple donné par le gouvernement à l'égard des établissements nationaux de sourds-muets, ces deux assemblées décidèrent que, dorénavant, les bourses municipales et départementales seraient uniquement attribuées à l'Ecole de Villeurbanne, qui instruit les enfants sourds-muets par la méthode orale pure.

« Ces votes qui sont à l'avantage de notre institution et qui seront d'une portée considérable pour son développement, dit M. E. Bérard, notre nouveau député, dans son rapport du 2 décembre 1886, imposent à notre société des responsabilités et des sacrifices nouveaux; mais ils seront pour nous un titre de gloire, et ne seront méconnus par aucun de nous, j'en ai la certitude ».

Enfin le gouvernement vient de donner également une preuve de sympathie à ce bel établissement.

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Par arrêté du 5 octobre 1888, en réponse au vœu émis par le Conseil général du Rhône, tendant à ce que l'école de M. Hugentobler soit comprise au nombre des institutions de bienfaisance subventionnées par l'Etat, M. le Ministre de l'Intérieur lui a accordé une allocation annuelle pour être affectée à l'entretien de quelques jeunes sourds-muets de l'un et de l'autre sexe, à la désignation du ministère.

C'est là, nous aimons à le croire, un grand pas fait vers l'assimilation de l'école de sourds-muets de Lyon aux institutions nationales, en ce qui 'concerne l'admission des boursiers de l'Etat.

{Extrait des rapports, notes et documents de la Section d 'Economie sociale et d'assistance Exposition universelle de 1889. — Comité départemental du Rhône).

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PORTRAIT DE M. LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE 77m' par /« É/c'r« ofe l'École Municipale de Tissage de Lyon

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