‹ Lyon à l'Exposition universelle de 1889 (volume 2)Chapitre 34 sur 97 · ÉCOLE MUNICIPALE DE TISSAGE · texte numérisé non relu

ÉCOLE MUNICIPALE DE TISSAGE

Es longtemps, la ville de Lyon s'est préoccupée d'assurer la défense de sa principale industrie, en créant un certain nombre d'institutions capables d'assurer à ses négociants les collaborateurs nécessaires pour perpétuer les traditions d'élégance et de goût artistique et maintenir l'ancienne réputation de sa fabrique de soieries. Parmi ces institutions. il faut, au premier rang, placer l'Ecole municipale de tissage. Elle était réclamée par la fabrique avec une insistance remarquable; le Conseil municipal avait été saisi du projet de création de cette école, l'avait mis à l'ordre du jour de ses travaux et avait à l'avance promis son concours. Ce n'est cependant qu'en 1884, le 1 5 janvier, que ce projet aboutit.

Pour faciliter la création de cette nouvelle école, la Société de crédit aux petits ateliers de tissage céda son local et son outillage comprenant un atelier de métiers mécaniques. C'est dans ces conditions modestes que débuta l'École de Tissage, installée au centre même du quartier de la soie, au milieu de la population ouvrière que cette industrie fait vivre et qui, à son tour, par un entraînement spécial où l'atavisme a une part considérable, lui a donné un éclat incomparable. Les services que l'école pouvait rendre ne tardèrent pas à être appréciés, et

LYON A LEXPOSITION UNMYERSELLE DE 1 889

chaque année, depuis la fondation, enregistra un nouveau progrès. A l'atelier mécanique, on adjoint, dès 1885, un atelier de tissage à la main; puis on installe un musée et une bibliothèque, compléments indispensables à l'enseignement. Enfin, en 1887-88, fixé par les expériences des trois premières années, on arrête un programme d'étude qui correspond au double but de l'École : former d'abord de bons ouvriers tisseurs, connaissant à fond par la théorie et la pratique leur industrie d'art si délicate et si difficile; venir en aide ensuite aux tisseurs embarrassés en présence de difficultés imprévues qu'offre parfois la création d'articles nouveaux.

Pour cela on a institué trois cours de théorie et un cours de pratique qui réunissent aujourd'hui deux cent quatre-vingts élèves. Les cours de théorie sont destinés à donner aux jeunes gens qui les suivent les connaissances nécessaires pour faire d'eux soit de bons tisseurs, soit d'excellents employés de commerce. La progression raisonnée des cours leur révèle tous les détails de leur industrie si compliquée, depuis l'élevage des vers à soie, jusqu'à la fabrication des lourdes et riches étoffes façonnées, en passant par tous les degrés intermédiaires, par toutes les manipulations indispensables, dévidage, ourdissage, pliage, garnissage, ajustage, etc. On leur donne une connaissance approfondie des divers montages et on leur permet de la sorte de se rendre plus facilement compte des rapports qui existent entre la carte, le lisage de la mécanique d'une part et le tissu de l'autre.

En outre on a installé dans l'atelier mécanique qui porte le nom significatif d'atelier mécanique de démonstration et d'expérimentation, les spécimens des divers systèmes de métiers existant, munis de tous leurs accessoires pour les opérations préalables relatives au tissage. Ces métiers sont actionnés par un moteur à gaz, système Otto, et peuvent servir soit à l'étude pratique, soit à l'étude comparative des divers genres de tissus. Les tisseurs y trouvent une foule de renseignements précieux, surtout pour la fabrication de nouvelles spécialités. C'est ainsi que, non seulement l'École assure l'avenir de la fabrique de soierie, mais que, dans le temps présent, elle accorde aux tisseurs le précieux concours de ses ateliers et de son personnel d'élite et ne les laisse pas lutter seuls contre la concurrence si redoutable des ouvriers de Suisse ou d'Allemagne.

Le simple aperçu des cours indiquera combien doivent être expérimentés, pour peu qu'ils aient voulu travailler, les jeunes gens qui ont passé par l'École :

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