MAISON PIERRE BARDOT
e nom de cette maison est lié à celui du gaz. Son fondateur, oncle de l'Industriel actuel, posa, à Paris, la première lanterne à gaz pour le compte de la Compagnie Anglaise qui édifiait, dans cette ville, la première usine à gaz.
Appelé à Lyon, il construisit une petite usine expérimentale qui éclaira le passage de l'Argue. La Compagnie du gaz de Lyon étant organisée, il fut chargé de l'établissement de toutes les canalisations et, comme à cette époque, les praticiens étaient rares, il eut le privilège exclusif de la pose des conduites. Ce privilège subsista jusqu'en 1857.
Il ne suffisait pas de placer des tuyaux, il fallait aussi des appareils pour brûler le gaz. L'organisation d'ateliers de fabrication s'imposait et, depuis 1834, la maison Bardot fabriqua la presque totalité des appareils, employés soit à Lyon, soit dans la région lyonnaise et même à l'étranger.
De plus, Pierre Bardot, fondateur de la Maison, construisit un certain nombre d'usines à gaz pour l'éclairage des villes de Mâcon, Châlon, Grenoble, Tarare, Béziers, Gray; transforma en usine à gaz à la houille, l'usine de Strasbourg, établie primitivement pour produire le gaz hydrogène d'éclairage (vulgairement le gaz à l'eau).
Il se retira des affaires en 1848, après avoir associé ses frères à sa fortune et mourut en 1866, en laissant le souvenir d'un homme de bien.
L'un de ses frères conserva la maison de Lyon où entra, en 1857, le titulaire actuel.
Élève de notre lycée, bachelier es sciences, ayant suivi pendant un an et demi les cours de mathématiques spéciales, Pierre Bardot débuta dans la maison de son père à l'époque où expirait le privilège pour la pose des conduites à gaz.
Il fallut chercher des travaux, des fournitures. Pendant plus de dix années, la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée lui confia, à l'amiable, les travaux d'installation du gaz dans ses gares (plus de quarante).
En 1867, Ja manufacture d'armes de Saint- Etienne eut son installation, plus de 3,000 becs, faite par la maison Bardot. Nous ne parlerons pas des nombreuses fabriques de soieries dont elle exécuta les travaux.
A cette époque, continuant les traditions de son fondateur, elle construisit plusieurs usines à gaz pour l'éclairage des villes, eut l'entreprise de l'éclairage de la ville du Creusot. Signalons en passant que, depuis 1869, dans cette ville, les particuliers paient le gaz 25 centimes le mètre cube.
En 1873, Pierre Bardot, d'abord employé, puis intéressé, puis associé, resta chef de la maison par suite du décès de son père.
Il eut à cœur de conserver l'existence de la maison mère et donna à la fabrication des appareils un essor nouveau. Rue Duhamel, 8, depuis la fonderie jusqu'au bronzage, au vernissage, les appareils sont fabriqués de toutes pièces et livrés à ceux qui savent apprécier une exécution irréprochable. Un grand nombre d'usines à gaz en France et à l'étranger, des Compagnies de chemins de fer, les Hospices civils et la Ville de Lyon sont des clients de la Maison Bardot.
Enfin, comme couronnement de l'édifice et comme comme complément de la réputation si méritée de cette maison, ajoutons que, depuis trois ans, elle fabrique les becs intensifs, système Schulke. 240 de ces appareils sont placés sur la voie publique à Lyon. La Tour Eiffel est éclairée en ce moment par 56 lanternes munies de ces becs.
Ci-contre le dessin d'une lanterne monumentale de 1 mètre 45 de hauteur, munie d'un bec intensif de 1,000 litres, donnant une lumière égalant celle de 25 lampes Carcel. Quatre de ces lanternes ont été exécutées pour la Compagnie du Gaz de Bordeaux qui les a placées sur quatre candélabres devant le Grand- Théâtre de cette ville.
Cette lanterne figurait à l'Exposition, classe 27, n° 3.
Maison BUGNOD & GARNIER
fc aison fondée en 1879. Malgré la date récente de son établissement, elle a pris un essor considérable, et le personnel qui se composait au début de sept à huit ouvriers, en comporte actuellement soixante à quatre-
vingts.
La fabrication fut bornée tout d'abord à la construction de quelques appareils sommaires pour le chauffage et la cuisine. Puis les applications industrielles du gaz se multipliant, chaque jour vit naître de nouveaux modèles spéciaux pour l'industrie locale et étrangère, pour les besoins domestiques, pour les services des hôpitaux, depuis le simple bec papillon, jusqu'au fourneau à gaz le plus complet, depuis le réchaud pour fer à repasser jusqu'au chauffe-bain muni de tous ses accessoires.
La perfection des produits de cette maison a été remarquée et récompensée à l'Exposition Universelle.
Leur notoriété dans tous les pays d'Europe les désignait tout naturellement à cette distinction.